Élégant, énergique et d’une créativité inépuisable, le compositeur a insufflé un nouvel élan à la scène culturelle du pays grâce à des œuvres qui ont fait de lui l’une des figures majeures de la musique du XXe siècle.
Aujourd’hui encore, plus d’un siècle après sa naissance, sa musique continue de toucher le public, preuve que le véritable art traverse les générations.
Rauf Hajiyev s’est imposé à une période charnière pour la culture azerbaïdjanaise, lorsque la musique devenait un puissant vecteur d’identité nationale. Dès son plus jeune âge, il manifesta une sensibilité exceptionnelle à la mélodie et au rythme. Son talent fut encouragé par des mentors influents, notamment le compositeur emblématique Uzeyir Hajibayli, dont le soutien contribua à orienter la trajectoire créative du jeune musicien.
Ce qui distinguait Hajiyev était sa remarquable capacité à allier sophistication et accessibilité. Ses chansons possédaient la richesse de la composition classique tout en restant profondément émouvantes et immédiatement mémorables. Des œuvres comme Mon Azerbaïdjan, Ville bien-aimée ou Leyla se sont inscrites durablement dans la mémoire culturelle du pays, célébrées pour leur chaleur lyrique et leur beauté expressive.
L’influence du compositeur dépassait largement le cadre de la chanson populaire. Il apporta une profondeur singulière au cinéma azerbaïdjanais en composant les musiques de nombreux films devenus aujourd’hui des références culturelles. Dans des productions telles que Où est Ahmad ? et Le Secret de la forteresse, ses partitions renforçaient l’intensité émotionnelle et créaient une atmosphère inoubliable, au point de devenir aussi marquantes que les récits eux-mêmes.
Rauf Hajiyev connut également un grand succès dans le théâtre musical. Ses opérettes furent reconnues en Azerbaïdjan et dans l’ensemble de l’ex-Union soviétique, notamment au prestigieux Théâtre d’État d’Opérette à Moscou. À travers ces productions, il fit découvrir au public une fusion vibrante entre narration théâtrale et élégance mélodique.
Mais sa contribution à la culture azerbaïdjanaise ne se limita ni à la scène ni aux salles de concert. En tant que ministre de la Culture, Hajiyev joua un rôle central dans le développement des institutions artistiques du pays et dans le soutien aux milieux créatifs. Son action permit la création d’ensembles, de théâtres et de musées qui continuent aujourd’hui encore de façonner l’identité culturelle de l’Azerbaïdjan.
Admiré à l’international et profondément respecté dans son pays, le compositeur consacra sa vie à l’essor de la musique et des arts.
Même des décennies après sa disparition, en 1995, ses compositions demeurent vivantes à travers les concerts, les enregistrements et la mémoire collective.
Par Laman Ismayilova