Le vice-président du Cabinet des ministres du Kirghizistan, Erlist Akunbekov, et le président de l'Agence chinoise de coopération internationale pour le développement (CIDCA), Chen Xiaodong, ont discuté du renforcement de la coopération bilatérale dans les domaines du commerce et de l'économie, ainsi que de la mise en œuvre de projets conjoints.
Ces échanges confirment que la coopération entre Bichkek et Pékin dépasse désormais le cadre de quelques grands projets d'infrastructures pour s'étendre à un large éventail de secteurs, notamment les transports, l'industrie, l'agriculture, l'énergie et la logistique.
Selon la partie kirghize, les échanges commerciaux bilatéraux ont atteint 27 milliards de dollars l'an dernier. Parallèlement, les travaux de construction de la ligne ferroviaire Chine–Kirghizistan–Ouzbékistan se poursuivent, le poste-frontière de Bedel est désormais ouvert, les travaux sur la route Bedel–Barskoon avancent, et 11 grands projets conjoints sont en cours dans les domaines de l'agriculture, de la santé, des transports, des infrastructures douanières, de la protection de l'environnement et de la modernisation technologique.
L'élargissement de cet agenda montre que la coopération bilatérale devient de plus en plus globale. Alors qu'il y a encore quelques années l'accent était principalement mis sur le commerce et les infrastructures frontalières, le partenariat s'oriente désormais davantage vers la coopération industrielle, les investissements et la création de nouvelles opportunités d'exportation.
Le projet ferroviaire Chine–Kirghizistan–Ouzbékistan demeure l'initiative la plus stratégique. Sa construction est entrée dans une phase active en 2026. Les principaux accords internationaux et d'investissement ont été signés, l'entreprise générale chargée des travaux a été désignée, le financement est assuré et la construction des tunnels, des ponts et des autres infrastructures est en cours. Dans le même temps, le Kirghizistan et la Chine poursuivent leur coordination sur la mise en œuvre du projet, tandis que l'Ouzbékistan a confirmé que les travaux avancent conformément au calendrier prévisionnel.
Pour Bichkek, cette ligne ferroviaire représente bien plus qu'une nouvelle liaison de transport. Long d'environ 480 kilomètres, dont plus de 304 kilomètres traverseront le territoire kirghiz, cet axe devrait renforcer considérablement le rôle du pays comme plateforme régionale de transit. Le corridor est conçu pour relier le réseau de transport chinois à l'Asie centrale, puis aux itinéraires menant vers la région de la mer Caspienne, la Turquie et l'Europe via le Corridor du Milieu, également appelé Route internationale transcaspienne de transport (TITR).
Parallèlement, les parties examinent des mesures destinées à améliorer l'efficacité de ce corridor. La Chine et l'Ouzbékistan envisagent d'accorder à la gare-frontière ferroviaire de Kachgar le statut de gare d'exportation, une évolution susceptible de simplifier le traitement des marchandises et d'accélérer les procédures de dédouanement. Les deux pays sont également convenus de mettre en place un mécanisme de suivi régulier de l'avancement des travaux et de coordination des initiatives logistiques.
Le développement des infrastructures de transport s'accompagne d'un renforcement des relations d'affaires. En mai 2026, Urumqi a accueilli le Forum sur l'investissement et le commerce extérieur « Xinjiang (Chine) – République kirghize », au cours duquel les participants ont débattu de nouveaux projets d'investissement, de coopération industrielle, d'infrastructures logistiques et de l'expansion des échanges commerciaux bilatéraux. La troisième réunion du Conseil d'affaires Kirghizistan–Xinjiang s'est également tenue à cette occasion, tandis que la Chambre de commerce et d'industrie de la République kirghize a officiellement ouvert un bureau de représentation dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, en Chine. Le forum s'est conclu par la signature de plusieurs protocoles d'accord entre entreprises kirghizes et chinoises.
La coopération industrielle gagne également en importance. Lors de la visite de la délégation kirghize en Chine, des discussions ont eu lieu avec le géant énergétique Sinopec concernant d'éventuelles coentreprises dans l'exploration, la production et le traitement du pétrole et du gaz, ainsi que dans le domaine des énergies renouvelables. En parallèle, les entreprises chinoises CIECC Planning and Design Research, Beijing Huafu Engineering et Shaanxi Construction New Energy étudient la construction d'une usine d'engrais minéraux au Kirghizistan.
Le développement des infrastructures énergétiques et logistiques constitue un autre exemple de l'approfondissement de cette coopération. Un projet conjoint kirghizo-chinois, d'un montant de 430 millions de dollars, est actuellement mis en œuvre dans la région d'Och afin de faciliter les exportations de charbon provenant du gisement de Tekelik via le poste-frontière d'Irkeshtam. Le projet comprend la construction d'un complexe logistique dans le village de Noura, équipé de deux usines de traitement du charbon et d'un système de transport par convoyeur. Sa capacité annuelle de transport devrait atteindre 10 millions de tonnes de charbon.
Dans l'ensemble, la coopération bilatérale s'étend progressivement à des secteurs étroitement liés les uns aux autres. Le développement des corridors de transport s'accompagne de la modernisation des infrastructures frontalières, de l'essor des projets industriels, d'une hausse des investissements et de la création de nouvelles routes logistiques. Une telle approche pourrait favoriser l'émergence de chaînes de production et d'échanges plus intégrées, les infrastructures constituant le socle de la croissance industrielle et des exportations à venir.
Une autre étape importante sera la prochaine réunion de la Commission intergouvernementale kirghizo-chinoise sur la coopération commerciale et économique. Les deux parties prévoient d'y examiner en détail les projets en cours et de préparer les documents qui seront signés lors du prochain sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se tiendra au Kirghizistan. Les décisions issues de ces discussions pourraient définir les grandes orientations de la coopération bilatérale pour les années à venir.
Plusieurs scénarios se dessinent pour l'évolution des relations entre le Kirghizistan et la Chine. Si le rythme actuel de mise en œuvre des projets est maintenu, les deux pays pourraient intensifier leur coopération grâce à de nouveaux investissements dans les transports, l'industrie, l'énergie et l'agriculture, tout en augmentant les volumes des échanges commerciaux et du transit. La coopération industrielle pourrait également s'approfondir avec la création de nouvelles unités de production conjointes et le développement de centres logistiques connectés à la ligne ferroviaire Chine–Kirghizistan–Ouzbékistan.
Un autre scénario verrait les deux partenaires privilégier l'achèvement des projets déjà engagés, tandis que le lancement de nouvelles initiatives dépendrait de l'efficacité des mécanismes de financement, du rythme de construction des infrastructures, de l'état d'avancement des réseaux logistiques de soutien et de l'évolution générale du commerce régional. L'intégration accrue des réseaux de transport d'Asie centrale pourrait également s'accompagner de nouveaux projets conjoints dans les infrastructures frontalières, la numérisation des procédures douanières et le développement du transport multimodal.