Selon lui, l’implication de l’Azerbaïdjan et du Kazakhstan au sein du Conseil de la paix témoigne de la volonté des deux pays de s’affirmer en tant que médiateurs et contributeurs aux initiatives de stabilisation, notamment dans le contexte de la reconstruction de Gaza. « La présence du Kazakhstan et de l’Azerbaïdjan confère au Conseil de la paix une légitimité supplémentaire en tant que structure reposant à la fois sur les puissances occidentales et sur des “puissances moyennes” d’Eurasie », a-t-il souligné.
D’après l’expert, la voix des deux États devient plus audible grâce à une diplomatie multivectorielle active et à leur volonté de participer au règlement de crises au-delà de leurs propres régions.
Il a par ailleurs été rappelé que le président de la République d’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, a pris part à la première réunion du Conseil de la paix à Washington. Le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, a également participé à cette session inaugurale.
« En outre, la participation des pays d’Asie centrale et du Caucase du Sud reflète une évolution vers une architecture internationale plus polycentrique, dans laquelle les acteurs régionaux revendiquent un rôle de médiateurs. Bakou et Astana peuvent se compléter dans les domaines de la sécurité énergétique et du transport, ainsi que dans le développement de projets humanitaires et d’infrastructures liés à la reconstruction post-conflit », a expliqué Nyshanbaïev.
Le politologue a noté que la coopération entre les deux pays repose déjà sur des liens étroits en matière de logistique, d’énergie et de corridors interrégionaux, ce qui facilite la coordination d’initiatives sur les plateformes internationales.
« Le Kazakhstan est en mesure de proposer un terrain de négociation neutre et une expérience en matière de maintien de la paix, tandis que l’Azerbaïdjan peut offrir des ressources financières et des connexions avec le Moyen-Orient et l’espace turcique. Ensemble, cela forme une combinaison de diplomatie de médiation et de participation économique, particulièrement pertinente dans l’agenda du Conseil de la paix. La participation à cette instance renforce l’autorité internationale des deux pays, qui se positionnent comme des acteurs responsables. L’Azerbaïdjan et le Kazakhstan démontrent leur capacité à influencer des processus au-delà de leurs régions respectives. Dans un contexte de fragmentation de l’ordre mondial, leur activité au sein du Conseil de la paix leur permet de s’affirmer comme partisans du règlement diplomatique et du multilatéralisme », a-t-il conclu.
Pour rappel, la première réunion du Conseil de la paix s’est tenue le 19 février à Washington, avec la participation des présidents azerbaïdjanais et kazakh.