Alors que les tensions régionales demeurent vives après la guerre éclair entre Israël et les États-Unis en juin, Téhéran multiplie les initiatives diplomatiques et militaires pour consolider ses partenariats en Eurasie.
Le commandant en chef de la marine iranienne, le contre-amiral Shahram Irani, participe cette semaine à la réunion des chefs des marines des États riverains de la mer Caspienne, organisée à Saint-Pétersbourg. Cette rencontre, qui rassemble les responsables navals de Russie, d’Iran, du Kazakhstan, du Turkménistan et de l’Azerbaïdjan, vise à renforcer la coopération bilatérale et multilatérale en matière de sécurité maritime.
Selon l’agence officielle IRNA, l’amiral Irani doit rencontrer ses homologues pour discuter de dossiers bilatéraux et échanger sur de nouvelles formes de coordination régionale. Il visitera également plusieurs installations navales russes, dont la base du golfe de Finlande, la frégate amirale Admiral Grigorovich et le Musée naval central.
Un rapprochement stratégique avec Moscou
Cette visite intervient quelques jours après l’entrée en vigueur du Traité de partenariat stratégique global entre l’Iran et la Russie, signé pour une durée de vingt ans. L’accord, qui prévoit une coopération accrue dans les domaines militaire, énergétique et technologique, confirme la proximité durable de Téhéran et de Moscou dans une logique d’alliance face aux pressions occidentales.
Les relations entre les marines des deux pays s’étaient déjà intensifiées ces dernières années, notamment à travers l’exercice conjoint « Caspian Sea Search and Rescue 2025 », organisé en juillet dernier en Iran sous le slogan « Ensemble pour une mer Caspienne sûre et sécurisée ».
Parallèlement, le magazine américain Newsweek, citant des fuites présumées du conglomérat russe de défense Rostec, a révélé qu’un accord majeur portant sur l’achat de 48 chasseurs Sukhoi Su-35 pourrait bientôt être conclu entre Téhéran et Moscou. Cette acquisition moderniserait considérablement la flotte aérienne iranienne et renforcerait sa capacité de dissuasion après les frappes israélo-américaines sur ses sites nucléaires en juin.
Une diplomatie de défense à plusieurs volets
Sur un autre front, le ministre iranien de la Défense, le général Aziz Nasirzadeh, s’est rendu la semaine dernière en Turquie pour évoquer la coopération bilatérale et les évolutions sécuritaires régionales.
En parallèle, l’Iran poursuit le développement de son partenariat de long terme avec la Chine, encadré par un accord global de coopération de 25 ans. En mars dernier, la marine iranienne a d’ailleurs organisé le 7ᵉ exercice naval de la « Ceinture de sécurité maritime » dans l’océan Indien, réunissant des unités de la marine régulière, des gardiens de la révolution (IRGC), ainsi que des navires russes et chinois.
À travers cette série d’initiatives, Téhéran affiche sa volonté d’élargir ses alliances régionales et de s’imposer comme une puissance navale incontournable entre la Caspienne et l’océan Indien — un signal clair adressé à ses rivaux occidentaux.