Cette date est consacrée au renforcement de la concorde sociale, du respect mutuel et de la reconnaissance entre les peuples du pays, ainsi qu’à l’expression de gratitude envers le peuple kazakh pour l’hospitalité et le soutien manifestés durant des périodes historiques particulièrement difficiles.
Histoire de l’institution de la fête
La Journée de la gratitude a été instituée en 2016 à l’initiative du premier président du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev. Le choix du 1er mars n’est pas fortuit : c’est à cette date, en 1995, qu’a été créée l’Assemblée du peuple du Kazakhstan, organe consultatif jouant un rôle clé dans la préservation de l’harmonie interethnique dans le pays.
Contexte historique
Le contexte historique de la Journée de la gratitude est étroitement lié aux événements du XXe siècle, lorsque le territoire du Kazakhstan est devenu l’une des principales régions d’accueil des populations déplacées et déportées au sein de l’URSS.
Dans les années 1930–1940, dans le cadre des politiques de déplacements forcés, des centaines de milliers de personnes en provenance de différentes régions de l’Union soviétique furent envoyées au Kazakhstan. Parmi elles figuraient les Coréens d’Extrême-Orient (déportation de 1937), les Allemands de la Volga (1941), les Tchétchènes et les Ingouches, les Karatchaïs, les Balkars, les Kalmouks (1943–1944), ainsi que des représentants d’autres peuples. Par la suite, des Grecs, des Tatars de Crimée, des Polonais et d’autres groupes arrivèrent également dans la république.
Ces déplacements s’effectuèrent dans des conditions extrêmement difficiles. Les populations déplacées furent confrontées au manque de logements, de nourriture et de soins médicaux. Une grande partie des arrivants fut installée en milieu rural et mobilisée dans l’agriculture, l’industrie et la construction d’infrastructures. Les archives font état d’un taux de mortalité élevé dans les premières années suivant les déportations, en raison de conditions de vie et de contraintes climatiques particulièrement rudes.
Parallèlement, dans les années 1930, le Kazakhstan fut le théâtre de profondes transformations socio-économiques, notamment la collectivisation et l’industrialisation, qui s’accompagnèrent elles aussi de bouleversements démographiques majeurs. À l’issue de ces processus, la république devint l’une des régions les plus multiethniques de l’URSS.
Dans l’après-guerre, et surtout après la réhabilitation de plusieurs peuples déportés à la fin des années 1950, une partie des déplacés eut la possibilité de retourner sur sa terre d’origine. Toutefois, de nombreuses familles restèrent au Kazakhstan. Avec le temps, les représentants des différentes communautés ethniques s’intégrèrent à la vie sociale et économique de la république.
Un apport supplémentaire à la diversité nationale du pays fut lié à la campagne de mise en valeur des terres vierges dans les années 1950–1960, lorsque des centaines de milliers de volontaires affluèrent d’autres républiques soviétiques vers le Kazakhstan.
Ainsi, la structure ethnodémographique contemporaine du Kazakhstan s’est largement constituée sous l’effet des mouvements migratoires de la période soviétique, qu’ils aient été forcés ou volontaires. La Journée de la gratitude s’inscrit dans cet héritage historique et renvoie à l’idée d’entraide et de coexistence des différents groupes ethniques au sein d’une même société.
Signification de la fête
La Journée de la gratitude vise à renforcer l’unité et la concorde sociale, à préserver la mémoire historique, à promouvoir une culture du respect mutuel, ainsi qu’à encourager le patriotisme et la responsabilité civique. Elle met en lumière les relations interethniques et la stabilité sociale qui caractérisent le Kazakhstan, où vivent aujourd’hui des représentants de plus d’une centaine d’ethnies.