Cette artère stratégique, où Astana joue un rôle de trait d’union, devient le socle de l’expansion économique serbe dans la région et du renforcement du Kazakhstan en tant que hub de transit.
Le corridor transcaspien au cœur des ambitions
Le renforcement du TITR ouvre de nouvelles perspectives de coopération interrégionale. La partie serbe a exprimé sa volonté d’explorer activement les possibilités de participation au développement de ce corridor. Combinée à la liaison aérienne directe déjà opérationnelle entre Astana et Belgrade, cette dynamique contribue à la création d’un réseau de transport intégré reliant les Balkans au centre de l’Asie centrale.
Selon les données officielles, les échanges commerciaux bilatéraux ont atteint 107,7 millions de dollars en 2025, en hausse de 7,6 % par rapport à l’année précédente. Les deux pays ont par ailleurs réaffirmé leur engagement en faveur de la mise en œuvre de l’accord de libre-échange entre la Serbie et l’Union économique eurasiatique, un levier supplémentaire pour stimuler les flux commerciaux et optimiser l’utilisation des nouvelles routes logistiques.
Technologies, innovation et industrie de défense
La coopération technologique a occupé une place de choix dans l’agenda bilatéral. Astana et Belgrade ont discuté de partenariats dans les domaines de l’intelligence artificielle et de la numérisation des services publics. Les deux parties ont également convenu d’unir leurs efforts dans l’extraction et la transformation avancée de matières premières critiques destinées au développement d’industries de haute technologie.
Au cours de son déplacement, Aleksandar Vučić a visité une exposition consacrée à l’industrie de défense, où il a pris connaissance de projets conjoints kazakhstano-serbes dans le secteur militaro-industriel. Il s’est également rendu au Centre financier international d’Astana ainsi qu’au Centre international d’intelligence artificielle Alem.ai.
Le président serbe a découvert plusieurs projets innovants et start-up spécialisées en IA, notamment BestVision (casques intelligents avec système de monitoring pour l’industrie minière), KazDream (solutions d’analyse de données) et Documentolog (service cloud d’automatisation documentaire).
Agriculture et coopération humanitaire
Le potentiel de coopération dans le secteur agro-industriel a également été mis en avant. Il a été annoncé que la société serbe Mambikom Agrar prévoit de lancer au Kazakhstan une unité de production de produits surgelés, ce qui pourrait hisser la coopération agricole à un nouveau niveau qualitatif.
Le volet humanitaire et les questions de sécurité complètent cette dynamique économique. Des accords de coopération ont été conclus entre académies diplomatiques, institutions scientifiques, établissements de santé et organisations culturelles.
Le rôle stratégique de Bakou
L’approfondissement des partenariats dans des secteurs à forte intensité technologique et capitalistique - IT, défense, agro-industrie - impose la création de chaînes d’approvisionnement rapides et fiables. Dans ce contexte, le développement des infrastructures de transport devient une condition stratégique du succès des projets communs.
La structuration de cet axe logistique repose largement sur la participation stratégique de l’Azerbaïdjan, maillon clé du Corridor intermédiaire. Grâce à ses infrastructures portuaires sur la mer Caspienne, à son réseau ferroviaire étendu et à ses hubs de transit modernes, les pays d’Asie centrale disposent d’un accès fiable et rapide aux marchés européens via le Caucase du Sud et la Turquie.
Dans ce contexte, le rapprochement entre le Kazakhstan et la Serbie, soutenu par les capacités de transit de Bakou, dessine un axe économique stable répondant aux exigences de la logistique mondiale contemporaine.
Parallèlement, les relations entre l’Azerbaïdjan et la Serbie connaissent un développement actif. La rencontre entre le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev et Aleksandar Vučić à Belgrade en février 2026 a confirmé l’intérêt de la Serbie pour un ancrage durable dans la région caspienne. Cette dynamique crée un terrain favorable non seulement au dialogue kazakhstano-serbe, mais aussi à d’autres acteurs régionaux, dont l’Ouzbékistan, esquissant à terme un format de coopération multilatéral où la logistique devient le moteur du développement économique de l’ensemble de l’Asie centrale.