Tout comme en France, la GPA est aujourd'hui interdite en Italie, cette dernière n'est autorisée que dans une vingtaine de pays, aux États-Unis et en Grande-Bretagne notamment. Ce qui fait que certains Italiens y ont recours dans ces pays-là. Mais si la loi est votée, ils n'auront plus le droit de recourir à la GPA même dans les pays où elle est légale.
À la faveur de cette loi, La GPA deviendra un "crime universel". Elle sera alors accompagnée d’une peine de prison de trois mois à deux ans, ainsi que d’une amende de 600 000 à 1 million d'euros. En marge de cette condamnation, il ne sera plus possible d'inscrire les enfants à l'état-civil italien. « La maternité n’est pas à vendre, les utérus ne se louent pas et les enfants ne sont pas des produits en vente libre ", a insisté Giorgia Meloni le 12 mai 2023, lors des états généraux de la natalité, à Rome.
Pour la rapporteuse du texte, la députée Carolina Varchi de Fratelli d'Italia, le parti de Giorgia Meloni, ce choix est tout simplement cohérent avec ce que dit la Cour constitutionnelle : "La GPA porte une atteinte intolérable à la dignité des femmes et nuit profondément aux relations humaines."
L'Italie veut en fait renforcer son arsenal législatif pour empêcher le développement de la GPA à l'étranger et empêcher la reconnaissance d'une filiation entre parents homosexuels et enfants.
Si la loi est approuvée par la majorité de droite – et elle le sera sûrement –,le texte, sans effet rétroactif, s’attaquera aussi à ceux qui organisent ou promeuvent la GPA. Les médecins italiens qui la pratiquent à l’étranger pourraient donc être visés, précise Ida Parisi, avocate spécialisée en droit de la famille.
Le gouvernement italien se défend de toute attaque contre les personnes LGBTQ+. En affirmant par exemple que ce "crime universel" ne les vise pas, mais vise à mettre fin à l'exploitation des femmes, en rappelant aussi que 90% des couples qui ont recours à la GPA sont des couples hétérosexuels.
Cependant, cette prochaine loi aura à souffrir de quelques faiblesses juridiques. Pour poursuivre un fait commis en dehors de l’Italie, il faut que l’autre pays le punisse aussi. Mais ici, " on parle d’États où la GPA est permise ", note Ida Parisi. En cas de recours devant la cour constitutionnelle, peu de chance donc que le texte tienne le coup. Certains y voit un but " purement symbolique, pour obtenir un consensus électoral ".