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PAS DE DISCUSSIONS SUR LA SÉCURITÉ EUROPÉENNE SANS L'EUROPE

22 Décembre 2021 07:28 (UTC+01:00)
PAS DE DISCUSSIONS SUR LA SÉCURITÉ EUROPÉENNE SANS L'EUROPE
PAS DE DISCUSSIONS SUR LA SÉCURITÉ EUROPÉENNE SANS L'EUROPE

Paris / La Gazette

Par Leman Zeynalova

Il n'y aura pas de discussions sur la sécurité européenne sans l'Europe, a déclaré la secrétaire d'Etat américaine adjointe aux Affaires européennes et eurasiennes Karen Donfried, lors d'un briefing téléphonique spécial le 21 décembre.

« Tout dialogue avec la Russie doit répondre aux préoccupations de l'OTAN et d'autres parties concernant le comportement menaçant continu de la Russie et être basé sur les principes fondamentaux et les documents fondateurs de la sécurité européenne. Nous sommes profondément préoccupés par l'important renforcement militaire russe à la frontière de l'Ukraine. Nous partageons cette inquiétude avec nos partenaires et alliés face à ce renforcement militaire et à la rhétorique de plus en plus dure de la Russie, qui fait croire à tort que l'Ukraine cherche à provoquer un conflit avec la Russie. Nos alliés et partenaires partagent ces préoccupations avec nous », a-t-elle noté.

Pour Mme Donfried, les États-Unis se félicitent des déclarations publiées par le G7 le 12 décembre, des conclusions du Conseil européen le 16 décembre et du Conseil de l'Atlantique Nord le même jour, qui font état de leurs graves préoccupations concernant le renforcement militaire de la Russie aux frontières de l'Ukraine et notent que « toute nouvelle agression contre l'Ukraine aurait des conséquences massives et aurait un prix élevé ».

« Dans le même temps, nous avons clairement indiqué que la voie diplomatique, en collaboration avec nos alliés et partenaires, reste la meilleure façon d'avancer. À cet égard, j'ai visité Kiev, Moscou et Bruxelles la semaine dernière. Ce voyage a été productif et a constitué une occasion importante de réaffirmer nos engagements envers l'Ukraine, d'encourager la Russie à la désescalade et à la poursuite de la voie diplomatique et, enfin, de coordonner étroitement nos alliés de l'OTAN et nos partenaires de l'UE », a indiqué la secrétaire d'État adjointe.

Elle a ajouté que « de nombreuses consultations du président américain et de son équipe de sécurité nationale avec les alliés et les partenaires au cours des derniers jours et des dernières semaines montrent l'importance que le pays accorde aux relations transatlantiques et notre ferme engagement à rester en phase avec l'Europe ».

« La solidarité européenne est tout aussi essentielle en ce moment, alors que nous nous unissons pour montrer un front uni outre-Atlantique face à toute agression russe. Nous sommes d'accord sur le fait que la diplomatie, notamment par le biais du format Normandie, est la seule façon responsable de résoudre le conflit à Donbas en mettant en œuvre les accords de Minsk.

Tout en poursuivant la diplomatie, nous devons également poursuivre la dissuasion, et nous travaillons sur une approche coordonnée et globale, y compris des options de sanctions, avec nos alliés et nos partenaires de l'UE. Nous avons pris connaissance des propositions et des commentaires de la Russie sur ses exigences en matière de sécurité. Les États-Unis sont prêts à s'engager diplomatiquement par de multiples canaux, notamment l'engagement bilatéral, le Conseil OTAN-Russie et l'OSCE. Nous avons clairement indiqué que tout dialogue doit être fondé sur la réciprocité, répondre à nos préoccupations concernant les actions de la Russie et se dérouler en pleine coordination avec nos alliés et partenaires européens », a assuré Mme Donfried.

Elle a d'ailleurs précisé que les États-Unis ne compromettraient pas les principes clés sur lesquels repose la sécurité européenne, notamment le fait que tous les pays ont le droit de décider de leur propre politique étrangère et de sécurité sans ingérence extérieure.

« Nous pensons que les discussions seront plus productives si elles se déroulent dans un environnement de désescalade plutôt que d'escalade. Comme l'a dit le président Biden la semaine dernière à de nombreux dirigeants du monde entier lors de l'ouverture du Sommet des démocraties [organisé les 9 et 10 décembre par les États-Unis], préserver et renforcer les démocraties du monde est, je cite, "le défi déterminant de notre époque". Nous devons tous nous opposer à la montée de l'autoritarisme et à ceux qui cherchent à saper l'ordre international fondé sur des règles que nous avons tous travaillé si dur à construire et à protéger », a poursuivi Mme Donfried.

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