MENSONGE, PROVOCATION, AZERBAÏDJANOPHOBIE ET ISLAMOPHOBIE : L’ARSENAL DES ARMENIENS DE FRANCE

Analyses
15 Mars 2026 22:14
32
MENSONGE, PROVOCATION, AZERBAÏDJANOPHOBIE ET ISLAMOPHOBIE : L’ARSENAL DES ARMENIENS DE FRANCE

Il s’agit avant tout de la campagne menée contre l’ancienne ministre de la Culture française Rachida Dati, qui brigue le poste de maire de Paris.

Ainsi, dimanche s’est tenu en France le premier tour des élections municipales. Le vote a concerné plus de 35 000 communes - des grandes villes aux petits villages. Comme le rapporte France 24, certains candidats considèrent les résultats de ces élections comme une sorte de tremplin politique à l’approche de la campagne présidentielle de 2027. C’est précisément pour cette raison que la lutte pour le poste de maire de Paris revêt une importance particulière : cette fonction est traditionnellement considérée comme une étape importante dans la politique nationale.

La campagne électorale elle-même a été assombrie par une campagne provocatrice menée par la diaspora arménienne de France. La principale cible des attaques a été Rachida Dati - une femme politique française de 60 ans d’origine marocaine, ancienne ministre de la Culture et l’une des figures les plus visibles de l’establishment politique français. Elle aspire à devenir la deuxième femme consécutive à occuper le poste de maire de Paris, succédant à la socialiste Anne Hidalgo.

La réaction virulente des organisations arméniennes a été provoquée par les soi-disant « déclarations pro-azerbaïdjanaises » de Dati. C’est ainsi que les médias arméniens et la diaspora tentent de présenter sa position. Cependant, en réalité, il ne s’agit pas d’une quelconque « ligne pro-azerbaïdjanaise », mais d’un soutien public aux principes du droit international.

De plus, la position de Dati n’est en rien une exception parmi les responsables politiques français. En avril 2016 - après la guerre arméno-azerbaïdjanaise de quatre jours - un certain nombre de parlementaires français ont adressé une lettre au président français de l’époque, François Hollande. Parmi les signataires figuraient des sénateurs et des députés issus de camps politiques très différents : Jean-Marie Bockel, Nathalie Goulet, André Reichardt, Jean-Luc Reitzer, Sylvie Goy-Chavent, Jérôme Lambert, Jérôme Bignon, Jean-François Mancel et Christian Namy. Rachida Dati a également apposé sa signature à ce document.

La raison de cet appel était la situation apparue après la signature, le 5 avril 2016, d’un accord de cessez-le-feu entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Malgré les accords conclus, la partie arménienne continuait de bombarder des localités azerbaïdjanaises. Les parlementaires français ont directement indiqué ce fait, appelant les autorités de leur pays à prêter attention à la situation.

En outre, la lettre soulignait que l’Arménie ne respectait pas les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et de l’Assemblée générale exigeant le retrait inconditionnel des forces armées arméniennes des territoires azerbaïdjanais occupés. Ces résolutions sont restées inexécutées pendant de nombreuses années. Par la suite, comme on le sait, l’Azerbaïdjan a lui-même rétabli son intégrité territoriale. D’abord lors de la guerre de 44 jours à l’automne 2020, puis à la suite d’une opération antiterroriste en septembre 2023.

Aujourd’hui, même les dirigeants de l’Arménie reconnaissent publiquement la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan et déclarent être prêts à signer un traité de paix. Il semblerait que dans une telle situation, il serait logique d’accueillir favorablement les responsables politiques qui, en leur temps, se sont prononcés en faveur du respect du droit international et d’un règlement pacifique du conflit.

Cependant, la diaspora arménienne de France préfère agir autrement. Au lieu de reconnaître la réalité qui a changé, elle tente de poursuivre la lutte politique fondée sur d’anciens mythes et des clichés de propagande. La campagne contre Rachida Dati en est une confirmation éclatante. On tente de la discréditer non pas pour des erreurs politiques, ni pour des décisions de gestion, ni même pour ses opinions idéologiques. Je le répète : la seule « faute » de cette femme politique est d’avoir autrefois permis de parler ouvertement des faits et de soutenir les principes du droit international.

Une dimension particulièrement piquante de cette situation réside dans le fait que la politique française a été, pendant des décennies, saturée d’un lobbying ouvertement pro-arménien. En France, il existe un grand nombre de responsables politiques qui ont régulièrement fait des déclarations anti-azerbaïdjanaises, adopté des résolutions dirigées contre Bakou et participé à des actions politiques ouvertement provocatrices.

Par exemple, à différentes époques, des responsables politiques français ont ouvertement soutenu des terroristes arméniens impliqués dans l’attaque contre l’aéroport d’Orly en 1983. L’affaire de Varoujan Garabedian est devenue un symbole de cette campagne politique : plusieurs personnalités françaises ont exigé sa libération malgré la gravité du crime commis.

En outre, de nombreux responsables politiques français se sont permis d’effectuer des voyages illégaux dans les anciens territoires occupés de l’Azerbaïdjan, ont rencontré les dirigeants du régime séparatiste du Karabakh et ont de facto légitimé son existence. Ces visites étaient accompagnées de déclarations anti-azerbaïdjanaises retentissantes et d’une propagande politique ouverte.

L’actuelle maire de Paris, Anne Hidalgo, s’est également illustrée à plusieurs reprises par une rhétorique similaire. Au cours des années de son mandat, de nombreuses déclarations ont été faites, que Bakou a légitimement perçues comme ouvertement partiales et provocatrices. Néanmoins, en Azerbaïdjan, personne n’a jamais remis en cause le droit de ces responsables politiques de participer aux élections ou d’occuper des fonctions publiques. Personne n’a lancé de campagnes de pression contre leurs candidatures ni tenté d’influencer le système électoral français par l’intermédiaire de structures diasporiques.

C’est précisément pour cette raison que ce qui se passe aujourd’hui autour de Rachida Dati apparaît particulièrement révélateur. La diaspora arménienne utilise de facto le mensonge, la provocation, l’islamophobie et l’azerbaïdjanophobie comme instruments de pression. Une telle pratique soulève inévitablement des questions. Un système politique démocratique suppose une libre concurrence des idées et des programmes. Mais lorsque des pressions sont exercées sur des responsables politiques uniquement en raison de leur position sur une question internationale, cela dépasse déjà le cadre d’un débat politique normal.

La France est un pays doté d’une riche tradition démocratique et d’institutions politiques solides. C’est précisément pourquoi la société française doit elle-même décider qui mérite d’occuper le poste de maire de Paris. Mais une chose est évidente : les tentatives de pression diasporique et les campagnes d’information visant à discréditer tel ou tel candidat correspondent difficilement aux principes démocratiques dont la culture politique française se dit si fière. L’affaire autour de Rachida Dati est devenue une sorte de test de maturité pour la démocratie française. Et ce test ne concerne pas seulement l’élection du maire de Paris, mais aussi une question plus large : dans quelle mesure la politique intérieure des pays européens peut et doit être déterminée par des groupes de lobbying diasporiques.

Auteur : Akper Hasanov