Paris / La Gazette
Le 7 février 2022, lAzerbaïdjan a remis à l'Arménie huit militaires arméniens, dont certains étaient des militaires détenus le 16 novembre 2021 lorsque l'Azerbaïdjan a réprimé une provocation commise par les forces armées arméniennes en direction de la région de Kelbadjar de la frontière d'État, indique dans son communiqué la Commission d'État chargée des prisonniers, des personnes portées disparues et des otages de la République d'Azerbaïdjan.
En réponse à ce geste humanitaire, la partie arménienne devrait fournir à la partie azerbaïdjanaise des informations sur les militaires et les civils azerbaïdjanais tués lors de la première guerre arméno-azerbaïdjanaise du Karabagh et sur leurs lieux de sépulture présumés.
Rappelons que le président français Emmanuel Macron s'est entretenu ce 4 février avec le président de l'Azerbaïdjan Ilham Aliyev et le Premier ministre arménien Nikol Pachinyan, dans une nouvelle tentative de médiation pour pacifier les relations entre les deux pays du Caucase. La visioconférence de vendredi, à laquelle participait également le président du Conseil européen Charles Michel, « s'inscrit dans la démarche de médiation du président de la République, en coordination avec le président du Conseil européen, afin d'encourager le dialogue et permettre la mise en œuvre conjointe de mesures humanitaires et de retour de la confiance », a indiqué l'Élysée.
Les parties ont souligné l'importance de la réunion conjointe qui s'est tenue à Bruxelles le 14 décembre 2021 à l'initiative du président Charles Michel et avec la participation du président de la République d'Azerbaïdjan Ilham Aliyev et du Premier ministre arménien Nikol Pashinyan.
Dans un communiqué commun, Emmanuel Macron et Charles Michel ont ensuite réaffirmé ensemble « leur plein engagement à soutenir les efforts visant à réduire les tensions » et ont souligné les progrès réalisés, dont les libérations de détenus, la recherche des disparus et les travaux prévus sur les voies ferrées.
Dans la continuité de l'agenda de paix de Bruxelles, des discussions approfondies ont eu lieu sur la normalisation des relations entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. À cet égard, conformément à l'ordre du jour préétabli de l'événement, les parties ont échangé sur divers aspects des relations entre les deux pays, notamment les questions humanitaires, les mesures de confiance, le problème des mines terrestres auquel l'Azerbaïdjan est confronté, l'ouverture des communications, la délimitation et la démarcation des frontières, le début des pourparlers sur un traité de paix.
Le Président Ilham Aliyev a réitéré la position de son pays sur ces questions.
Le Président Ilham Aliyev a particulièrement insisté sur la nécessité de déterminer le sort des personnes portées disparues lors de la première guerre du Karabagh (dans les années 1990), de localiser les fosses communes, de renforcer le soutien international à l'Azerbaïdjan dans le processus de déminage de ses territoires libérés et d'ouvrir un corridor de transport par rail et par route.
Le chef de l'État azerbaïdjanais a souligné le fait que 3 890 citoyens azerbaïdjanais, dont 71 enfants, 267 femmes et 326 personnes âgées, ont été portés disparus pendant la première guerre du Karabagh.
Le président Ilham Aliyev a rappelé que depuis la fin de la seconde guerre du Karabagh (qui a éclaté le 27 septembre 2020 et a pris fin le 10 novembre de la même année), 36 citoyens azerbaïdjanais ont été tués et 165 blessés dans l'explosion de mines.
La question d'une mission de l'UNESCO en Azerbaïdjan et en Arménie a également été abordée lors de la réunion. Les parties ont convenu qu'une mission serait envoyée dans les deux pays.
En revanche, on ne peut qu'être sidéré de la réaction du chef de l'Etat français Emmanuel Macron qui, tout en a saluant ce geste important, a tenté de "récupérer" celui-ci, par une déclaration surprenante : « Huit détenus arméniens ont été remis en liberté par l’Azerbaïdjan et transférés de Bakou vers Erevan. Ils retrouvent leurs familles dont ils étaient séparés depuis plusieurs mois. Merci à nos diplomates ainsi qu’à nos militaires mobilisés dans cette opération. On avance ! », a-t-il partagé dans une publication sur Twitter.
Or cette remise de prisonniers a été le résultat d'une décision unilatérale du Président de la république d'Azerbaïdjan, sans qu'aucun diplomate ou militaire français n'y soit impliqué. Cette exploitation d'un geste humanitaire de l'Azerbaïdjan n'était peut-être pas tout à fait utile.