Selon Sergueï Lavrov, la Russie examinera les propositions que lui soumettront les négociateurs américains Steve Witkoff et Jared Kushner, mais il ne faut pas s’attendre à ce que Moscou fasse des concessions politiques.
« Nous verrons ce qui sera proposé. Si les propositions servent nos intérêts économiques et financiers, pourquoi pas ? Mais cela doit se faire sans aucune concession politique de notre part et sans attendre une quelconque bienveillance politique qui nous tirerait d’affaire dans les affaires internationales. Nous ne devons compter que sur nous-mêmes », a souligné le ministre lors d’une rencontre avec des diplômés de l’enseignement supérieur récemment recrutés dans le service diplomatique.
Le chef de la diplomatie russe a également déclaré que Moscou n’attendait aucun miracle de l’administration du président américain Donald Trump. Il a précisé que la Russie considérait les États-Unis, au minimum, comme un adversaire et, dans le meilleur des cas, comme un concurrent.
À titre d’exemple, Sergueï Lavrov a évoqué la politique commerciale américaine, accusant Washington de saper le système commercial international au moyen de droits de douane et d’augmenter les tarifs du transport et de l’assurance.
Le ministre a également rappelé l’existence d’une loi autorisant le président américain à imposer des droits de douane de 100 % sur les échanges commerciaux avec la Russie et de 500 % sur les produits provenant de pays qui achètent du pétrole et du gaz russes. Selon lui, Donald Trump n’a pas renoncé à appliquer ces mesures, mais a simplement déclaré qu’elles ne correspondaient pas, pour le moment, aux intérêts des États-Unis.
Sergueï Lavrov a expliqué cette décision par le fait qu’à l’approche des élections, Washington n’avait aucun intérêt à provoquer une crise majeure sur les marchés mondiaux de l’énergie.
« Le plus important, c’est que cette loi n’a aucune limite dans le temps. Il ne faut donc pas s’enthousiasmer parce que Donald Trump a décidé, pour l’instant, de ne pas l’appliquer en fonction de ses intérêts politiques et intérieurs du moment. Un autre président pourrait arriver au pouvoir : qui sait comment il se comportera ? », a fait remarquer le ministre.