Le risque de voir éclater un conflit de grande ampleur sur l’espace eurasiatique est tout à fait réel, ce qui suscite de sérieuses inquiétudes. C’est ce qu’a déclaré le directeur du Service des renseignements extérieurs (SVR) de Russie, Sergueï Narychkine, lors de la XXIIe réunion de la Conférence des dirigeants des organes de sécurité et des services de renseignement des pays de la CEI, rapporte l’agence TASS.
« Le risque de voir éclater un conflit de grande ampleur dans l’ensemble de l’espace eurasiatique est tout à fait réel, et cela suscite les plus vives inquiétudes. Selon nos informations, les dirigeants européens croient à une escalade contrôlée, à une stratégie de confrontation au bord du gouffre élaborée par les services de renseignement occidentaux dès le siècle dernier », a déclaré Narychkine.
Il a souligné que la crise des missiles de Cuba constituait un exemple historique de désescalade, lorsque l’URSS et les États-Unis avaient réussi à faire des concessions mutuelles et à éviter une guerre nucléaire. Selon le chef du SVR, il est permis de douter qu’il reste en Occident des responsables politiques « capables de prendre des décisions aussi déterminées et responsables ».
« C’est pourquoi notre tâche consiste, sans attendre que l’escalade en Eurasie atteigne son point de rupture, à renforcer notre propre système de sécurité collective, à développer les mécanismes de dialogue et de coopération sans ingérence de forces extérieures, ni imposition de modèles de développement étrangers et de valeurs qui nous sont étrangères », a ajouté Narychkine.
Au cours de la réunion, le chef du SVR a également déclaré que la société européenne était « trop douillette » et n’était pas préparée à une guerre de grande ampleur. Selon lui, les responsables politiques européens « utilisent le mythe de la menace venue de l’Est » afin d’augmenter les dépenses militaires et de convertir l’industrie à une économie de guerre.