Le président américain appelle un allié des États-Unis à « se tenir correctement… sinon nous devrons le faire exploser », lors d’une remarque désinvolte pendant une réunion du cabinet, titre The Guardian le 28 mai.
Donald Trump a menacé de « faire exploser » Oman si le pays ne « se tient pas correctement », dans une remarque lancée avec désinvolture lors d’une réunion du cabinet, alors que Washington tente en urgence de rouvrir le détroit d’Ormuz.
Le président américain a formulé cette menace après des informations faisant état de discussions entre l’Iran et Oman sur la mise en place conjointe d’un péage pour les navires empruntant cette voie maritime stratégique, quasiment fermée depuis le début de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran.
« Le détroit sera ouvert à tout le monde », a déclaré Trump mardi. « Personne ne va le contrôler. C’est nous qui allons le surveiller. Nous allons le surveiller. Mais personne ne le contrôlera. Cela fait partie des négociations que nous menons. »
Trump accuse l’Iran de retarder un accord de paix afin de « jouer la montre » jusqu’aux élections de mi-mandat américaines.
Outre les liens militaires et économiques étroits qu’Oman entretient depuis des décennies avec les États-Unis, ce pays du Golfe de 5,3 millions d’habitants joue un rôle de médiateur dans le conflit et a lui-même été visé par des attaques venues de Téhéran.
Le détroit - par lequel transite habituellement près d’un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole - est bloqué par l’Iran depuis la fin février, provoquant une crise énergétique mondiale.
Selon l’Associated Press, qui cite un responsable régional, Téhéran cherche à convaincre Oman de soutenir un mécanisme permettant de prélever des droits de passage sur les navires transitant par le détroit.
« Ils aimeraient le contrôler », a affirmé Trump, insistant sur le fait que le détroit relève des eaux internationales.
Dans une menace particulièrement spectaculaire, il a ajouté : « Oman se comportera comme tout le monde. Sinon, nous devrons les faire exploser. Ils le comprennent. Tout ira bien. »
La Maison Blanche n’a pas immédiatement précisé si Trump s’était mal exprimé, tandis que l’ambassade d’Oman à Washington n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire.
Les efforts déployés ces dernières semaines par Trump pour conclure un accord de paix avec l’Iran n’ont, jusqu’à présent, donné aucun résultat concret. Lors de la réunion de mercredi, il a accusé Téhéran de chercher à retarder l’accord et à « attendre que je sois dépassé » jusqu’aux élections américaines de mi-mandat prévues en novembre.
Lorsque Trump a laissé entendre, le week-end dernier, qu’un accord était imminent, plusieurs figures républicaines favorables à sa décision controversée d’entrer en guerre contre l’Iran aux côtés d’Israël ont exprimé, fait rare, leurs réserves.
Roger Wicker, président de la commission des forces armées du Sénat, a estimé sur les réseaux sociaux que la « trêve de 60 jours évoquée » serait « une catastrophe ». « Tout ce qui a été accompli par l’opération Epic Fury serait réduit à néant », a-t-il ajouté.