Bakou / Lagazetteaz
« De cette haute tribune, je tiens à vous présenter la protestation de l'opinion publique azerbaïdjanaise à propos du film de « Nora Martirosyan » («Si le vent tombe»), tourné dans la région du Haut-Karabakh occupée par l'Arménie et présenté au Festival de Cannes. Le film tourné dans les terres occupées de l'Azerbaïdjan a pour seul but de déformer l'histoire, les causes et l'essence du conflit. C'est avec un regret particulier que je tiens à souligner la participation de la société française à la réalisation de ce film et sa présentation au Festival de Cannes », a déclaré le député Soltan Mammadov lors de la réunion d'aujourd'hui de la session extraordinaire du Milli Medjlis, rapporte Lagazetteaz.
Selon lui, ces initiatives et des initiatives similaires ne correspondent pas à l'esprit actuel de l'évolution rapide des relations franco-azerbaïdjanaises, parce que les deux pays attachent une grande importance au développement des relations mutuellement bénéfiques dans les domaines économique, politique, humanitaire et culturel.
« Je tiens à vous informer que l'Ambassade d'Azerbaïdjan en France a également protesté auprès des autorités françaises à ce sujet. Je voudrais souligner que deux régions de France ont apporté leur soutien financier à la réalisation de ce film. Dans le même temps, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, partenaire de parrainage du Festival de Cannes, a également soutenu la production du film. Je tiens à souligner que cette activité est contraire aux principes définis par le cadre juridique régi par la loi française sur les règles de conduite et de contrôle des collectivités territoriales en matière de coopération internationale », a ajouté Soltan Mammadov.
« En tant que chef du groupe de travail sur les relations interparlementaires Azerbaïdjan-France, je m'adresse à l'Ambassade de France en Azerbaïdjan et je les invite à exprimer leur position sur cette question. Je m'attends à ce que l'Ambassade partage notre opinion sur le fait que de telles mesures sont contraires à l'esprit des relations amicales entre les peuples de l'Azerbaïdjan et de la France, ne servent pas à renforcer la confiance mutuelle entre les parties au conflit, exposent la réalité historique sous un mauvais image, et je suis convaincu que les opinions exprimées seront acceptées avec compréhension par l'Ambassade », peut-on lire dans le communiqué.
Je saisis de cette occasion pour appeler les députés, les travailleurs de l'industrie cinématographique, les gens créatifs, les médias de l'Azerbaïdjan d'exprimer leur protestation dans des cas similaires et je suis convaincu que les films consacrés au conflit arméno-azerbaïdjanais du Haut-Karabagh et à d'autres questions controversées de ce type ne doivent pas servir à déformer les faits historiques, aggravant ainsi les contradictions, mais au contraire, tels films doivent servir à créer une atmosphère de paix et de confiance", a poursuivi le député azerbaïdjanais Soltan Mammadov.
Rappelons que ce conflit entre les deux pays du Caucase du Sud a commencé en 1988 en raison des revendications territoriales de l'Arménie contre l'Azerbaïdjan. Depuis, le Haut-Karabagh et les sept districts environnats, soit 20% du territoire azerbaïdjanais, sont occupés par les forces armées arméniennes.
En mai 1994, les parties ont convenu d'un cessez-le-feu et des négociations de paix restent toujours infructueux malgré les auspices du groupe de Minsk de l`OSCE coprésidés par la Russie, la France et les États-Unis.
Les quatre résolutions adoptées par le Conseil de sécurité des Nations unies sur la libération du Haut-Karabakh occupé et des territoires environnants ne sont toujours pas respectées par l'Arménie.