LES RÉPUBLICAINS (LR) AU BORD DU DÉPÔT DE BILAN

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14 Juin 2022 19:08
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LES RÉPUBLICAINS (LR) AU BORD DU DÉPÔT DE BILAN

Si les sombres pronostics des sondages venaient à se confirmer, Les ­Républicains (LR) pourraient perdre, à l’issue des législatives 2022, le statut de premier groupe d’opposition à l’Assemblée nationale au profit de la NUPÉS. Un revers qui ne serait pas seulement symbolique : c’est au plus important groupe de l’opposition, au niveau des effectifs, que revient traditionnellement la présidence de la commission des finances. La perspective de l’installation d’un Insoumis à la tête de la puissante commission des finances, un poste clé, donne déjà quelques sueurs froides aux macronistes. Chargé d’animer les travaux des députés sur le projet de loi de finances et le contrôle de l’usage des deniers publics, son titulaire a en effet un œil sur les secrets les mieux gardés de l’État.

Menacée de marginalisation politique au Palais-Bourbon, la droite se prépare aussi, en cas de revers électoral les 12 et 19 juin, à subir d’importantes pertes financières. Si le nombre de ses députés fondait de moitié et tombait à 50 élus, comme le redoutent les plus pessimistes des barons LR, le parti perdrait automatiquement 1,8 million d’euros par an.

Les Républicains risquent également de voir se réduire la deuxième part de leur financement public, liée, elle, au nombre de voix recueillies au premier tour des législatives. Chaque bulletin de vote LR glissé dans l’urne aujourd’hui rapportera 1,64 euro par an au parti jusqu’en 2027. Depuis les législatives de 2017, Les Républicains encaissent grâce à ce mécanisme 3,9 millions d’euros par an.

À moins que la droite ne crée la surprise aujourd’hui, l’avenir s’annonce donc compliqué pour les Républicains. Ce parti historique avait déjà eu fort à faire pour redresser les comptes de la maison, qui avaient plongé dans le rouge après l’affaire Bygmalion, le non-remboursement des frais de campagne de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle de 2012 et la défaite législative de 2017. Il avait fallu réduire drastiquement les dépenses et vendre le siège parisien de LR en 2019. LR était ainsi parvenu à ramener la dette du parti à environ 13 millions d’euros (contre 74,5 millions d’euros en 2014) et avait négocié avec les banques le gel de son remboursement jusqu’en 2023 afin de boucler son budget pour 2022. Mais un nouveau quinquennat de vaches maigres se profile.

Sitôt connu le résultat des législatives, Les ­Républicains auront rendez-vous avec leurs banquiers.