LA MAJORITÉ LREM ACCUSE LE PS ET EELV DE "RENIER" LEURS CONVICTIONS

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3 Mai 2022 11:26
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LA MAJORITÉ LREM ACCUSE LE PS ET EELV DE "RENIER" LEURS CONVICTIONS

"Incroyable tous ces gens prétendument pétris de principes, prêts à abandonner toute conviction (...) pour une poignée de circonscriptions. Et ils veulent gouverner notre pays ?", a lancé sur Twitter le député LREM Sacha Houlié.

La LREM et les LR se posent en directeurs de conscience de la gauche

"Ce qui attend les partis, notamment le Parti socialiste, s'ils acceptaient cette alliance, c'est tout simplement une disparition de leurs idées, et aussi une disparition de leur parti politique", a prédit sur RFI Aurore Bergé, présidente déléguée du groupe LREM à l'Assemblée nationale, alors que LFI discute toujours avec le PS et le PCF.

"Quand je vois ce qui est prétendument une union de la gauche, je vois aussi des grands élus, des présidents de régions, des maires, refuser cette soumission à LFI, d'abandonner leur histoire politique, leurs valeurs, pour essayer de sauver peut-être une poignée de sièges", a-t-elle ajouté, en référence aux tensions internes au PS.

Fabienne Keller, députée européenne Renew/LREM et vice-présidente d'Agir, a estimé de son côté qu'"Europe Écologie - Les Verts n’a désormais d’Europe plus que le nom". "Pour quelques circonscriptions aux législatives, le parti renie son engagement européen historique et s’allie à un populiste europhobe", a-t-elle dénoncé sur Twitter.

Eric Woerth, ex-LR passé dans le camp Macron, a condamné, sur Cnews, "des accords de politicaillerie" et le fait qu'il n'y ait "idéologiquement aucune cohérence" entre les partis de gauche souhaitant s'allier. "C'est une trahison des idées" du PS, "vous ne pouvez pas être socialiste et anti-européen", "si vous voulez régenter l'Europe tout seul, vous irez la régenter ailleurs, mais pas en Europe, car ça ne marche pas comme ça", a-t-il conclu.

A droite, le député LR Julien Aubert a raillé sur Twitter un "accord NUPES (Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale), au nom "beau comme un traité de désarmement nucléaire pendant la Guerre froide".

Pour l'extrême droite, la perspective est différente : Nicolas Bay, vice-président de Reconquête!, le parti d'Eric Zemmour, invite, lui, à prendre modèle sur cette alliance à gauche et souligne "la nécessité d'un rassemblement aussi des forces de la droite et des forces patriotiques" en vue des législatives.

"La gauche sait faire taire ses petites différences par souci d'efficacité électorale (...) On doit être aussi capables de faire taire les différences" entre Reconquête! et le Rassemblement national, a-t-il exhorté en réitérant l'appel du parti d'Eric Zemmour à une alliance avec le RN, qui continue de la refuser.

Panique à bord

Comment expliquer cette brusque compassion pour les valeurs de la gauche ?

Il peut paraître assez saugrenu d'entendre les partis de droite donner des leçons de gauche et d'écologie au PS et aux partis écologistes. Ces rappels à la fidélité aux principes apparaît d'autant plus "abracadabrantesque", comme aurait dit Jacques Chirac, lorsqu'on examine les reniements successifs d'Emmanuel Macron aux principes qu'il avait lui-même fixés dans son programme de 2017, et qu'il avait synthétisés dans son livre-profession de foi "Révolution".

L'écoute des français, balayée par un pouvoir "jupitérien" fit éclore la horde des "gilets jaunes". L'attention aux plus faibles s'est conclue par la baisse des APL, l'augmentation du prix de l'essence et la suppression de l'ISF. Le vivre-ensemble s'est dissout dans la chasse aux sorcières anti-musulmane. Quant à l'écologie, on ne peut pas vraiment dire que la "macronie" fut très portée sur l'environnement, et Nicolas Hulot n'a pas fait long feu face aux lobbies des chasseurs.

Alors, il y a panique à bord. Emmanuel Macron a été élu par réaction à la présence de Marine le Pen, et beaucoup de Français ne veulent plus d'un pouvoir sans partage et d'une Assemblée devenue une simple chambre d'enregistrement des volontés du Président. Plusieurs députés, comme Pacôme Rupin, élu du 11ème à l'origine de l'idée de "démocratie de proximité", ont d'ailleurs, sous des prétextes variés, choisi de ne pas se représenter, plutôt que de devoir à nouveau transgresser leurs principes.

C'est ce qu'a compris Jean-Luc Melenchon auquel il n'a manqué que de quelques voix pour atteindre le graal du second tour. Son appel "Elisez-moi premier ministre" est le reflet de cette opinion qui commence à pointer chez de nombreux Français qu'une cohabitation rétablirait un utile équilibre. Alors, la République en Marche, incapable d'autre chose que suivre la voix de son maître, commence à se débattre... comme un baigneur qui se noie.