Des camionnettes et des véhicules blindés de transport de troupes chargés de soldats français ont traversé les faubourgs poussiéreux de Niamey mardi, marquant ainsi le départ exigé par les dirigeants militaires du Niger qui ont pris le pouvoir en juillet.
Dans un communiqué lu à la télévision d'État, l'armée nigérienne a appelé les citoyens à coopérer avec les mouvements de troupes, qui, selon elle, impliqueraient qu'une partie des 1 500 soldats français quittent le Niger par la route vers le Tchad, un voyage de plusieurs centaines de kilomètres à travers des territoires parfois peu sûrs.
"Les troupes basées à Ouallam ont quitté leur base aujourd'hui. Il s'agit des opérations de départ du premier convoi terrestre en direction du Tchad, escorté par nos forces de défense et de sécurité", a indiqué l'armée.
En plus du départ par voie terrestre, "trois vols spéciaux" ont été enregistrés à l'aéroport de Niamey, deux pour le départ de "97 éléments des forces spéciales" et un "dédié à la logistique".
Le retrait des forces françaises a été rapidement exigé par les nouveaux généraux au pouvoir au Niger après leur prise de pouvoir le 26 juillet, le président français Emmanuel Macron ayant ensuite confirmé leur départ à la fin du mois de septembre.
Environ 1 000 soldats français étaient stationnés à Niamey et 400 autres étaient déployés dans deux bases avancées situées dans le nord-ouest du pays, près du Mali et du Burkina Faso, un foyer d'activité rebelle.
Les autorités militaires nigériennes, qui ont assuré que le retrait se ferait en "toute sécurité", ont précisé que les forces françaises restantes continueraient à quitter le pays selon "un calendrier convenu par les deux parties".
Mardi, les États-Unis ont également déclaré officiellement que le président démocratiquement élu du Niger avait été renversé par un coup d'État militaire, ce qui entraîne la suspension officielle de l'aide au Niger. Il n'est toutefois pas prévu de modifier la présence des troupes américaines dans le pays, ont affirmé de hauts responsables de l'administration.
Le porte-parole du département d'État américain, Matthew Miller, a fait savoir que les quelque 200 millions de dollars d'aide étrangère temporairement interrompus au Niger en août étaient désormais officiellement suspendus.
"Toute reprise de l'aide américaine nécessitera des mesures visant à instaurer une gouvernance démocratique dans un délai rapide et crédible", a asséné M. Miller dans un communiqué.