"Opacité, désinvolture, fiasco" : le ton est cinglant. La gestion du Fonds Marianne, lancé en 2021 par la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa, a été doublement étrillée jeudi par la commission d'enquête du Sénat et par un nouveau rapport administratif. Les sénateurs fustigent une sélection des associations "bâclée et opaque", des structures qui ont reçu des fonds sans "aucune garantie de sérieux", notamment celle du journaliste Mohamed Sifaoui qui s’est vue attribuer 355.000 euros pour "un bilan insignifiant".
Au final, le "label" du Fonds Marianne est "un boulet attaché à l'allégorie de la République", conclut le rapporteur. Fâcheux, pour un gouvernement qui avait fait de la lutte contre le séparatisme une priorité.
Pourtant, Marlène Schiappa est une figure du macronisme, d'où la question : peut-elle rester au gouvernement ? Aujourd’hui, personne au sein de l'exécutif n’imagine la secrétaire d'Etat tenir encore longtemps à son poste.
Désormais, non seulement, elle est critiquée par l’opposition qui réclame sa démission, mais elle est accusée au sein même de la majorité de préférer poser dans Playboy que d’incarner ses dossiers.
De toute évidence, Marlène Schiappa a rejoint la liste grise des ministres sur la sellette. Une liste qui ne cesse de s'allonger comptant, en plus des ministres fantômes le nom de Pap Ndiaye, l’universitaire confronté à une science dont il ignorait tout : la politique.
Autre profil jugé trop techno, François Braun, l’ancien urgentiste devenu ministre de la Santé. Il y a aussi Jean-Christophe Combes, ancien directeur de la Croix-Rouge nommé ministre des Solidarités. Ou Olivier Klein, en charge de la Ville, pourtant ancien maire de Clichy-sous-Bois. Des ministres jugés trop faibles, quand l’heure est au combat.
C’est que la politique a ses règles que le savoir et les compétences ignorent. Il semble que le charme de la société civile et des paris incertains a vécu.