L’UE FACE À UNE DÉCISION DE DERNIÈRE MINUTE SUR L’INTERDICTION DES FORAGES DANS L’ARCTIQUE

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10 Septembre 2026 12:58
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L’UE FACE À UNE DÉCISION DE DERNIÈRE MINUTE SUR L’INTERDICTION DES FORAGES DANS L’ARCTIQUE

La Commission européenne s’apprête à dévoiler une stratégie révisée pour l’Arctique, qui déterminera notamment si elle maintient ou abandonne sa position de 2021 sur les nouvelles explorations pétrolières et gazières dans la région, alors que l’Agence internationale de l’énergie et la Norvège appellent à reconsidérer cette interdiction.

Selon deux responsables de l’UE ayant parlé à Euronews sous couvert d’anonymat, l’Union européenne devrait prendre une décision de dernière minute sur l’interdiction des nouvelles explorations de pétrole et de gaz dans l’Arctique lors d’une réunion hebdomadaire des 27 commissaires européens en octobre, a rapporté Euronews.

Des articles parus précédemment dans les médias indiquaient que l’UE envisageait de supprimer son interdiction des nouveaux forages dans l’Arctique dans le cadre de la révision de sa stratégie arctique de 2021, alors que le bloc est confronté à une crise énergétique provoquée par la fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20 % du pétrole et du gaz mondiaux.

L’Arctique est devenu un espace de plus en plus disputé en raison de ses importantes réserves de pétrole et de gaz ainsi que de ses matières premières critiques, indispensables aux technologies propres et aux systèmes de défense, actuellement très demandés.

La Russie et la Chine ont accru leur activité dans la région, notamment à travers la « Route de la soie de glace » (« Ice Silk Road »), une voie maritime arctique régulière reliant des ports orientaux tels que Ningbo à des plateformes européennes.

La rhétorique particulièrement ferme des États-Unis, qui cherchent à « acquérir » le Groenland, a également déstabilisé l’Europe et incité l’UE à réviser sa stratégie arctique de 2021, en accordant une plus grande importance à la défense et au potentiel économique de la région, même si les populations autochtones de l’Arctique pourraient se montrer sceptiques quant aux résultats de cette nouvelle orientation.

Les forages pétroliers et gaziers dans l’Arctique constituent peut-être l’un des principaux points de désaccord de la future stratégie de l’UE. En 2021, celle-ci avait adopté une position ferme contre ces activités, s’engageant à faire en sorte que « le pétrole, le charbon et le gaz restent dans le sol ».

L’Allemagne, la Suède et la Finlande ont globalement soutenu la position de la Commission. Le Danemark, quant à lui, a dû trouver un équilibre délicat : soutenir les ambitions écologiques de l’UE tout en ayant une capacité limitée à les imposer au Groenland, son territoire autonome, qui contrôle ses propres ressources minérales considérables, notamment d’importantes réserves de pétrole et de gaz encore inexploitées et non découvertes.

À l’époque, la Commission avait proposé d’élaborer une obligation juridique multilatérale visant à interdire les nouvelles explorations pétrolières et gazières dans l’Arctique et les régions adjacentes — une proposition soutenue par l’Allemagne. Toutefois, la stratégie est finalement restée un engagement politique non contraignant.

Par Ulviyya Salmanli