Berlin devrait percevoir 30,8 milliards d'euros (33,6 milliards de dollars) de moins que prévu pour l'année à venir, selon une estimation semestrielle publiée par le ministère des Finances.
Cette baisse s'explique en grande partie par les mesures d'allègement fiscal adoptées par le gouvernement en réponse aux récentes hausses importantes des prix à la consommation.
Ces estimations sont la preuve que le gouvernement « tient sa promesse de ne pas s'enrichir sur l'inflation », a fait valoir le ministre des Finances, Christian Lindner.
Malgré la baisse des prélèvements, l'Allemagne reste un « pays à forte fiscalité », a insisté M. Lindner.
Néanmoins, le gouvernement « ne pourra pas se permettre tout ce que nous avons entrepris », a-t-il ajouté.
La coalition tripartite allemande entre les sociaux-démocrates, les Verts et le FDP (pro-entreprises) s'est engagée dans un débat acharné sur les priorités en matière de dépenses.
L'augmentation des investissements militaires à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie et les fonds nécessaires pour lutter contre le changement climatique ont ajouté aux maux de tête budgétaires de Berlin.
Le projet de M. Lindner de présenter des propositions budgétaires en mars a dû être repoussé, les partis étant loin d'être parvenus à un accord.
« Lors de la préparation du budget pour l'année à venir, nous établirons des priorités strictes en matière de dépenses », a précisé M. Lindner, dont le parti, le FDP, est un défenseur de la doctrine de l'équilibre budgétaire.
« Au lieu d'inventer sans cesse de nouveaux programmes de dépenses, nous devons revenir à une politique fiscale axée sur la stabilité et l'offre », a exhorté M. Lindner, en ne dépensant que ce qui est prélevé en impôts.
L'Allemagne a suspendu son « frein à l'endettement » constitutionnel pour trois ans à partir de 2020 afin de gérer la crise du coronavirus.
Berlin prévoit toutefois de revenir à la règle budgétaire en 2023, qui limite les nouveaux emprunts annuels à 0,35 % du produit intérieur brut, ce qui exercera une nouvelle pression sur les dépenses.