ANNIVERSAIRE DE LA COMEDIENNE FATMA GADRI: UN DESTIN LIE A LA NAISSANCE DU THEATRE AZERBAIDJANAIS MODERNE

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16 Avril 2026 17:56
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ANNIVERSAIRE DE LA COMEDIENNE FATMA GADRI: UN DESTIN LIE A LA NAISSANCE DU THEATRE AZERBAIDJANAIS MODERNE

Fatma Gadri occupe une place majeure dans l’histoire des arts de la scène en Azerbaïdjan, en tant que l’une des premières actrices de théâtre du pays à avoir bénéficié d’une formation professionnelle. Elle a joué un rôle déterminant dans l’émergence du jeu théâtral moderne azerbaïdjanais, devenant un symbole d'engagement artistique et de développement de la vie culturelle de son époque.

Cette année marque le 119e anniversaire de sa naissance, une occasion de souligner l’héritage durable qu’elle a laissé dans l’histoire culturelle de l’Azerbaïdjan.

Née le 14 avril, elle est célébrée non seulement pour ses réalisations sur scène, mais aussi pour la solidité de sa formation intellectuelle et l’influence qu’elle a exercée sur plusieurs générations d’acteurs.

Fatma Gadri voit le jour à Odessa, où elle fréquente une école publique et reçoit une éducation en langue russe. Dès son plus jeune âge, elle manifeste un vif intérêt pour le théâtre, en particulier pour les représentations en plein air organisées dans les espaces urbains.

Sa vie prend un tournant décisif après sa rencontre avec Ahad Akhundzade, officier de sécurité à Odessa, qui, tombé amoureux d’elle, l’emmène à Bakou. Dans la capitale azerbaïdjanaise, elle entre en contact avec des figures culturelles influentes, parmi lesquelles sa parente, la célèbre cantatrice d’opéra Shovkat Mammadova, qui soutient activement son développement personnel et éducatif. Grâce à cette dernière, elle intègre le tout nouvel Institut pédagogique d’Azerbaïdjan à Bakou.

Parallèlement, à l’insu de sa famille, elle suit également des cours à l’École technique de théâtre d’État, où elle côtoie des personnalités telles qu’Aleksandr Touganov et le dramaturge Jafar Jabbarly.

Si son mari et sa belle-famille encouragent d’abord son éducation, ils s’opposent rapidement à son choix de faire carrière dans le théâtre. Ce désaccord engendre des tensions dans son mariage, qui se solde, après quatre ans, par une séparation puis un divorce.

Sa carrière professionnelle sur scène débute en 1927 au Théâtre ouvrier turc de Bakou, où elle participe à de nombreuses productions, dont La Jeune Indienne, Le Dieu chinois, Gulush et Sevil, Cheikh Sanan, Notre-Dame de Paris et Le Livre de ma mère.

Entre 1932 et 1935, elle rejoint le Théâtre dramatique russe de Bakou, avant d’intégrer, à partir de 1935, le Théâtre national dramatique d’Azerbaïdjan.

Au cours de sa carrière, elle incarne de nombreux personnages marquants : Macha dans Doubrovski, Khuraman dans Vagif, Juliette et Emilia dans Roméo et Juliette et Othello, Luisa dans Intrigue et Amour, Larissa et Katerina dans La Fille sans dot et L’Orage, Polina dans Belle-mère, Gultakin dans Aydin et Mahabbat dans Amour. Elle entame également une carrière d’enseignante dès 1933.

Elle reçoit le titre d’Artiste émérite en 1936, puis celui, prestigieux, d’Artiste du peuple en 1943.

Fatma Gadri s’éteint à Bakou le 29 février 1968, laissant derrière elle une empreinte définitive dans l’histoire du théâtre azerbaïdjanais.