La directrice générale de l'UNESCO, Audrey Azoulay, a informé les ambassadeurs des États membres de la décision des États-Unis lors d'une réunion spéciale qui s'est tenue lundi.
Selon les autorités américaines, la décision de retour est motivée par la crainte que la Chine ne comble le vide laissé par les États-Unis dans l'élaboration des politiques de l'UNESCO, notamment en ce qui concerne l'établissement de normes pour l'intelligence artificielle et l'enseignement de la technologie dans le monde entier.
Le secrétaire d'État adjoint américain à la gestion et aux ressources, Richard Verma, a adressé la semaine dernière une lettre à M. Azoulay pour officialiser le plan.
Le plan proposé pour rejoindre l'UNESCO en 2023 sera soumis à la Conférence générale des États membres de l'UNESCO pour approbation finale.
Pékin ne s'opposera pas à la demande américaine de réintégration, a déclaré lundi l'ambassadeur de Chine auprès de l'organe culturel des Nations unies.
« L'UNESCO a besoin que tous les États membres se donnent la main pour remplir ses missions », a estimé Yang Jin à propos de la demande de retour de Washington.
Cette décision constitue une aide financière importante pour l'UNESCO, connue pour son programme du patrimoine mondial ainsi que pour ses projets de lutte contre le changement climatique et d'alphabétisation des filles.
Les États-Unis et Israël ont cessé de financer l'agence après qu'elle a voté l'inclusion de la Palestine en tant qu'État membre en 2011, et les deux pays ont perdu leur droit de vote en 2013.
L'administration Trump a décidé en 2017 de se retirer complètement de l'agence l'année suivante, citant des préjugés anti-israéliens et des problèmes de gestion.
Dans sa lettre de la semaine dernière, M. Verma a noté les efforts déployés par l'UNESCO pour réformer la gestion et « diminuer les débats politisés, en particulier sur les questions relatives au Moyen-Orient ».
Depuis son élection en 2017, Mme Azoulay s'est efforcée de répondre aux raisons du départ des États-Unis, par des réformes budgétaires et la recherche d'un consensus entre les diplomates jordaniens, palestiniens et israéliens autour des résolutions sensibles de l'UNESCO.
La décision des États-Unis de revenir « est le résultat de cinq années de travail, au cours desquelles nous avons apaisé les tensions, notamment sur le Moyen-Orient, amélioré notre réponse aux défis contemporains, repris des initiatives majeures sur le terrain et modernisé le fonctionnement de l'organisation », a fait valoir Mme Azoulay à l'agence de presse Associated Press.
Selon ce plan, le gouvernement américain paierait sa cotisation pour 2023, plus 10 millions de dollars de contributions supplémentaires cette année, destinés à l'enseignement de l'Holocauste, à la préservation du patrimoine culturel en Ukraine, à la sécurité des journalistes et à l'enseignement des sciences et de la technologie en Afrique, indique la lettre de M. Verma, citée par l'agence AP.
L'administration Biden a déjà demandé 150 millions de dollars pour le budget 2024 afin de couvrir les cotisations et les arriérés de l'UNESCO. Le plan prévoit des demandes similaires pour les années suivantes jusqu'à ce que la dette totale de 619 millions de dollars soit remboursée.