PACHINIAN AFFIRME QUE LA DÉCLARATION D’INDÉPENDANCE DE L’ARMÉNIE EST EN CONTRADICTION AVEC LES FONDEMENTS DE SON ÉTAT

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1 Novembre 2026 19:58
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PACHINIAN AFFIRME QUE LA DÉCLARATION D’INDÉPENDANCE DE L’ARMÉNIE EST EN CONTRADICTION AVEC LES FONDEMENTS DE SON ÉTAT

Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a déclaré que la Déclaration d’indépendance de l’Arménie était en contradiction avec les fondements mêmes de l’État arménien, estimant que les principes qu’elle énonce sont incompatibles avec la construction et le développement d’un État indépendant.

Selon Newsarmenia.am, le chef du gouvernement a tenu ces propos le 29 octobre devant des journalistes, dans un contexte marqué par les discussions en cours sur la réforme constitutionnelle et l’avenir de l’accord de paix avec l’Azerbaïdjan.

« Le texte de la Déclaration d’indépendance de l’Arménie est contraire à notre étaticité », a affirmé le Premier ministre.

Pour expliquer sa position, Nikol Pachinian a soutenu que les principes sur lesquels repose ce document constituaient un obstacle à la création et à la consolidation d’un État véritablement indépendant.

« Ce texte parle de l’impossibilité d’avoir un État. Nous devons tirer les leçons de notre histoire », a-t-il souligné.

Ces déclarations interviennent alors que l’Arménie s’apprête à publier le projet de sa nouvelle Constitution. La ministre de la Justice, Srbuhi Galyan, avait précédemment annoncé que le document devrait être rendu public au cours du mois prochain.

La Déclaration d’indépendance est devenue l’un des points centraux du processus de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, notamment en raison de ses références à la déclaration de 1989 relative à l’unification de l’Arménie et du Garabagh.

Bakou soutient depuis longtemps que les références à ce texte dans le cadre constitutionnel arménien constituent des revendications territoriales à l’encontre de l’Azerbaïdjan et doivent être prises en compte avant la signature officielle de l'accord de paix.

Bien que l’Arménie et l’Azerbaïdjan aient paraphé l’accord de paix à Washington en août 2025, celui-ci n’a toujours pas été signé ni ratifié.

Les dernières déclarations de Pachinian semblent traduire une volonté accrue de réexaminer les fondements idéologiques et constitutionnels de l’État arménien. Le Premier ministre n’a toutefois pas précisé quelles dispositions de la Déclaration d’indépendance pourraient être concernées par la réforme constitutionnelle envisagée.

La paix avec l’Azerbaïdjan doit devenir irréversible

Le Premier ministre arménien a également réaffirmé son engagement en faveur de la normalisation des relations avec l’Azerbaïdjan, soulignant que le processus de paix devait dépasser le stade des déclarations politiques pour s’inscrire dans un cadre institutionnel durable.

« Je le répète : je ne vois aucune alternative à la paix. Je le dis aujourd’hui dans le contexte des discussions qui se sont tenues hier au Parlement. Consolider la paix et la transformer en une réalité institutionnelle constitue ma première, ma deuxième et ma troisième priorité en tant que Premier ministre de la République d’Arménie. Je poursuivrai cette voie avec constance et détermination. La paix doit être irréversible et institutionnalisée », a insisté Nikol Pachinian.

Il a de nouveau souligné que l’accord de paix avec l’Azerbaïdjan devait être officiellement signé et ratifié, présentant la consolidation de la paix comme une priorité majeure de son gouvernement.

Le chef du gouvernement a également replacé l’enjeu de la stabilité régionale dans le contexte des incertitudes géopolitiques mondiales, mettant en garde contre les profondes mutations de l’ordre international.

« L’ordre mondial est en train de s’effondrer, et nous avons réussi à instaurer la paix dans ces circonstances », a-t-il déclaré.

Selon Pachinian, le défi consiste désormais à transformer cette période de stabilité relative en un arrangement durable, susceptible de résister à l’épreuve du temps et de bénéficier aux générations futures.

« Lorsque nous observons ce qui se passe dans le monde, nous comprenons que l’ordre mondial est, en réalité, en train de s’effondrer. Heureusement, nous avons réussi à instaurer la paix durant cette période. Mais notre tâche consiste à transformer deux années de paix en vingt années, une année en deux cents ans, deux cents ans en quatre cents ans, et ainsi de suite », a-t-il affirmé.

Ces propos font suite aux récentes discussions parlementaires au cours desquelles le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, a lui aussi insisté sur la nécessité de consolider la paix avec l’Azerbaïdjan et d’éviter tout retour à la confrontation.

Pachinian écarte la perspective d’élections anticipées

Abordant la situation politique intérieure, Nikol Pachinian a également relativisé la possibilité d’organiser des élections législatives anticipées, alors que des divergences persistent entre le gouvernement et l’opposition au sujet de la réforme constitutionnelle.

Le Premier ministre a laissé entendre qu’il ne considérait pas la tenue d’un scrutin anticipé comme une issue probable aux débats politiques actuels.

Il a toutefois indiqué son intention de soumettre une proposition à l’opposition, qu’il a qualifiée d’« offre qu’ils ne pourront pas refuser ».

Nikol Pachinian n’a fourni aucune précision sur la nature de cette proposition ni sur la manière dont elle pourrait influer sur les désaccords politiques en cours.

Par Akbar Novruz