Le Parlement européen a adopté à une très large majorité un rapport sur la situation en Géorgie, dans lequel il critique sévèrement les actions des autorités du pays.
Le document exprime une « solidarité totale avec le peuple géorgien, qui continue de lutter pour une Géorgie européenne et démocratique », dans un contexte marqué par l’évolution de la politique de Tbilissi vis-à-vis de l’intégration européenne.
Le rapport fait état de nombreuses violations : arrestations de manifestants et d’opposants, passages à tabac et actes de torture contre des participants aux manifestations, restrictions imposées aux médias et aux organisations non gouvernementales, atteintes aux droits des minorités, ainsi que recours au droit pénal et administratif comme à un « instrument de répression ». Le Parlement européen évoque également l’usage d’une « force excessive » lors de la dispersion des rassemblements, y compris le recours présumé à des « agents chimiques ».
Le texte a été approuvé par 436 députés européens, tandis que 145 ont voté contre. Le Parlement européen demande l’abrogation de toutes les « lois répressives » et recommande au Conseil de l’Union européenne ainsi qu’à la Commission européenne d’examiner l’instauration de sanctions ciblées contre les personnes responsables des atteintes aux normes démocratiques. Sont notamment visés le fondateur du parti « Rêve géorgien », Bidzina Ivanichvili, ainsi que des juges et des procureurs.
À défaut d’évolution de la situation, le Parlement européen estime qu’il serait opportun, en ultime recours, de suspendre le régime d’exemption de visa dont bénéficient les citoyens géorgiens.