Le Premier ministre géorgien, Irakli Kobakhidze, a qualifié l’activation du « Mécanisme de Moscou » de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) à l’encontre de son pays de « nouvelle manifestation d’une campagne injuste » visant la Géorgie et son peuple.
« Depuis des années, la Géorgie et le peuple géorgien sont la cible d’une campagne injuste, et ceci n’en est qu’une continuation. Vous voyez également que ce type d’initiatives émane de pays qui adoptent une attitude hostile à l’égard de notre peuple. C’est regrettable, mais même avec ces pays, nous poursuivons une politique d’amitié unilatérale. C’est la poursuite de la même ligne, et cela ne nous concerne pas », a déclaré M. Kobakhidze aux journalistes vendredi.
Le chef du gouvernement n’a pas précisé quels pays il considère comme « hostiles ». L’initiative visant à activer le « Mécanisme de Moscou » a toutefois été soutenue par 24 États, parmi lesquels le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, le Canada, les pays baltes et nordiques, ainsi que l’Ukraine.
Dans le cadre de ce mécanisme, une mission d’experts de l’OSCE se rendra à Tbilissi afin d’évaluer le respect par la Géorgie de ses engagements en matière de Droits de l’Homme et de normes démocratiques. La mission accordera une « attention particulière » aux événements du printemps 2024, période durant laquelle de vastes manifestations antigouvernementales avaient été dispersées par la force.
Le rapport final des experts devrait porter sur l’état de la société civile, la liberté des médias, l’État de droit, l’indépendance de la justice et le pluralisme politique. L’OSCE a appelé les autorités géorgiennes à coopérer pleinement avec la mission.
Instauré en 1991, le mécanisme de Moscou a été conçu pour traiter des situations spécifiques liées aux droits de l’homme. En 35 ans d’existence, il n’a été activé que 16 fois, notamment pour enquêter sur des violations des droits humains au Biélorussie après l’élection présidentielle de 2020 et en Ukraine dans le contexte de la guerre en cours.