C’est le constat dressé par l’agence internationale S&P Global Ratings, qui prévoit une stabilité comparable à celle observée au cours des deux années précédentes, non seulement pour l’Azerbaïdjan, mais aussi pour l’Arménie, la Géorgie, le Kazakhstan, le Kirghizistan et l’Ouzbékistan.
Selon S&P (Standard and Poor's), les indicateurs de rentabilité et de capitalisation des banques de la région resteront modérés, tout en étant soutenus par des rythmes de croissance du crédit toujours élevés, compris entre 15 % et 20 % en moyenne. La qualité des actifs, jugée stable, continue de constituer un facteur clé de cette résilience.
L’agence souligne par ailleurs le renforcement notable du cadre réglementaire ces dernières années, en particulier au Kazakhstan et en Azerbaïdjan. Le premier a déjà mis en œuvre les normes prudentielles de Bâle III ainsi qu’un dispositif de supervision fondé sur les risques, tandis que Bakou est engagé dans un processus de convergence similaire. Cette évolution contribue, selon les analystes, à consolider la crédibilité et la robustesse du système bancaire.
Sur le plan macroéconomique, S&P note que la croissance de l’économie azerbaïdjanaise reflète principalement la baisse des revenus tirés des hydrocarbures. Le recul de la production pétrolière et la stagnation de l’extraction de gaz compensent largement la progression, jugée modérée, du secteur non pétrolier.
Dans ce contexte, la Banque centrale d’Azerbaïdjan joue un rôle central. L’agence rappelle que le régulateur a adopté une Stratégie de développement du secteur financier pour la période 2024-2026. Celle-ci prévoit le passage à une supervision fondée sur les risques, l’adoption des normes comptables internationales IFRS 9, ainsi qu’une révision, prévue en 2026, du cadre de suffisance des fonds propres afin de l’aligner sur les exigences de Bâle III. Le renforcement des tests de résistance et l’introduction d’une nouvelle réglementation sur les risques de marché figurent également parmi les priorités, de même que la poursuite du développement des mécanismes de résolution bancaire.
Ces avancées réglementaires ont déjà été partiellement reconnues par S&P, qui a relevé en 2025 la perspective du risque sectoriel dans son évaluation BICRA pour l’Azerbaïdjan, passant de « stable » à « positive ». Une décision qui, selon l’agence, reflète l’amélioration de la supervision et de la gouvernance bancaire dans le pays.
Historiquement, rappelle S&P, la dynamique du crédit en Azerbaïdjan demeure étroitement liée à l’évolution des prix du pétrole. Pour 2026, l’agence anticipe une croissance du crédit d’environ 12 %, un niveau similaire à celui de 2025. Cette prévision s’explique par une croissance économique attendue plus faible que dans les pays comparables de la région et par des anticipations de baisse des cours du pétrole. L’endettement du secteur privé reste toutefois limité : la dette des ménages représente environ 15 % du PIB, tandis que celle des entreprises atteint 11 %, des niveaux parmi les plus bas de la région.
Enfin, S&P insiste sur le poids des risques géopolitiques, qui continuent de peser sur l’ensemble du Caucase et de l’Asie centrale. L’issue du conflit entre la Russie et l’Ukraine demeure incertaine et susceptible d’influencer durablement les économies régionales. Dans le même temps, les pays concernés continuent de bénéficier, comme au cours des trois dernières années, de l’augmentation des flux commerciaux, des mouvements de capitaux et de l’immigration.
La gestion de l’équilibre diplomatique entre l’Occident et la Russie restera néanmoins un exercice délicat, souligne l’agence, dans un contexte de forte incertitude macroéconomique en Russie, principal partenaire commercial de nombreux États de la région. À cela s’ajoute, pour l’Arménie, l’incertitude persistante entourant la conclusion et la mise en œuvre d’un accord de paix global avec l’Azerbaïdjan, un facteur supplémentaire de fragilité régionale.