L’investissement total prévu pour le corridor d’énergie verte Caspienne–mer Noire–Europe, destiné à acheminer vers les marchés européens l’électricité renouvelable produite en Azerbaïdjan via la Géorgie et la mer Noire, est estimé à 22 milliards d’euros.
Selon l’étude de faisabilité du projet, le document a été finalisé et approuvé par les gouvernements de l’Azerbaïdjan, de la Géorgie, de la Roumanie et de la Hongrie. Le projet entre désormais dans sa phase de conception.
Sur le montant total de l’investissement, 14,3 milliards d’euros seront consacrés au développement du réseau de transport d’électricité, tandis que 7,8 milliards d’euros seront affectés à la mise en place de capacités de production d’énergie renouvelable.
Le projet prévoit la construction d’un corridor de transport d’électricité d’une capacité totale de 3,9 gigawatts (GW), composé de trois lignes électriques d’une capacité de 1,3 GW chacune. Le taux de rentabilité interne (TRI) du projet est estimé à 11,7 %, selon l’étude.
D’après les projections, le corridor permettra d’exporter chaque année 8 térawattheures (TWh) d’électricité renouvelable vers l’Union européenne d’ici à 2032. Ce volume devrait atteindre 20 TWh par an à l’horizon 2040.
Les recettes issues de la congestion du réseau - générées par les écarts de prix entre les zones ou régions des marchés de l’électricité reliées par des infrastructures de transport - devraient dépasser 315 millions d’euros par an à partir de 2032. Le projet devrait également permettre de réduire les émissions de dioxyde de carbone (CO₂) de 3,6 millions de tonnes par an d’ici à 2040.
Les retombées économiques annuelles du corridor devraient croître à mesure que de nouvelles lignes de transport seront mises en service. La première ligne, dont le lancement est prévu en 2032, devrait générer 860 millions d’euros de bénéfices économiques par an. La mise en service de la deuxième ligne, en 2036, devrait porter ce montant à 1,8 milliard d’euros par an. Quant à la troisième ligne, prévue pour 2040, elle devrait faire dépasser les retombées économiques annuelles le seuil des 3 milliards d’euros.
Le corridor d’énergie verte Caspienne–mer Noire–Europe est un projet transfrontalier de transport d’électricité réunissant l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Roumanie et la Hongrie. Il a été lancé dans le cadre d’un accord de partenariat stratégique signé à Bucarest le 17 décembre 2022, en présence de la Commission européenne.
Le projet est développé par la société Green Energy Corridor Power Company (GECO), une coentreprise enregistrée à Bucarest et détenue par les gestionnaires des réseaux nationaux de transport d’électricité des quatre pays participants.
AzerEnerji, pour l’Azerbaïdjan, Georgian State Electrosystem, pour la Géorgie, Transelectrica, pour la Roumanie, et MVM, pour la Hongrie, détiennent chacun 25 % du capital de la société.
Le projet figure également dans le Plan décennal de développement du réseau (TYNDP) 2026 du Réseau européen des gestionnaires de réseaux de transport d’électricité (ENTSO-E), sous les numéros de projet 1248 et 1244.