Selon l'agence AZERTAC, une lettre ouverte diffusée par des organisations non gouvernementales azerbaïdjanaises, des familles de personnes tuées, des proches de disparus, des victimes des mines ainsi que d'anciens déplacés internes affirme que Ruben Vardanyan et les autres personnes concernées ont été condamnés pour des crimes graves, notamment pour financement du séparatisme et du terrorisme.
Les auteurs estiment que les campagnes organisées en leur faveur visent à étouffer et à reléguer au second plan la voix des véritables victimes de ces crimes : les milliers d'Azerbaïdjanais directement touchés par des décennies de conflit, d'occupation, de nettoyage ethnique, d'actes terroristes et par la menace des mines antipersonnelles.
Le document souligne que la société civile azerbaïdjanaise réclame depuis de nombreuses années, auprès des organisations internationales, la protection des droits des victimes de crimes de guerre, le rétablissement de la justice historique ainsi que le respect du principe de responsabilité internationale.
Dans ce contexte, les signataires rappellent plusieurs initiatives déjà entreprises, notamment une lettre ouverte adressée au président américain Donald Trump, des protestations contre des initiatives jugées unilatérales présentées au Congrès des États-Unis, ainsi que des déclarations transmises à l'Institut Lemkin, à des membres du Parlement britannique et à d'autres institutions internationales.
Les auteurs insistent sur le fait que le droit et l'obligation de l'Azerbaïdjan d'enquêter sur les crimes graves commis sur son territoire souverain, d'assurer le respect de l'État de droit et de poursuivre leurs auteurs découlent à la fois de son droit interne et des principes fondamentaux du droit international. Selon eux, toute intervention extérieure dans l'exercice de ce droit souverain est inacceptable.
La lettre souligne également que les appels lancés pendant plusieurs décennies par les familles des personnes disparues sont restés sans réponse de la part de la communauté internationale. Elle rappelle que le sort de plus de 4 000 Azerbaïdjanais portés disparus à la suite de l'agression militaire de l'Arménie en son temps demeure inconnu à ce jour et que la tragédie humanitaire touchant plus de 3 400 victimes de mines est, selon les auteurs, largement ignorée dans les campagnes internationales.
À titre d'exemple, le document évoque le destin d'Elmira Dadacheva, décédée l'an dernier sans avoir jamais obtenu d'informations sur son fils porté disparu. Selon les signataires, elle a vécu jusqu'à ses derniers jours dans une profonde souffrance, ce qui illustrerait les doubles standards de la communauté internationale et le préjudice moral subi par les familles des disparus.
La lettre rappelle également que le paraphe du projet d'« Accord sur l'établissement de la paix et des relations interétatiques entre la République d'Azerbaïdjan et la République d'Arménie », à Washington en août 2025, a ouvert, selon ses auteurs, une nouvelle étape fondamentale dans le développement de la région.
Les signataires soulignent toutefois qu'une paix durable dans le Caucase du Sud ne pourra être obtenue qu'à condition d'établir une évaluation juridique impartiale des crimes de guerre commis par le passé, de traduire leurs auteurs en justice et de restaurer pleinement les droits des victimes.
Le texte intégral de cette lettre ouverte est disponible via le lien communiqué par ses auteurs: https://azertag.az/en/xeber/an_open_letter_by_families_of_missing_persons_relatives_of_martyrs_mine_victims_and_former_internally_displaced_persons_of_azerbaijan-4290239