Les projecteurs du monde entier sont braqués sur Bakou, hôte du 13e Forum urbain mondial (WUF13). À peine un an et demi après avoir accueilli avec succès la COP29, l’Azerbaïdjan confirme une nouvelle fois son statut de carrefour diplomatique majeur et de pont entre l’Est et l’Ouest. La cérémonie d’ouverture du WUF13 a offert une démonstration éclatante de solidarité internationale, de leadership et de vision, prouvant que l’Azerbaïdjan ne se contente pas de participer aux débats mondiaux sur le développement durable : il contribue activement à les façonner.
L’événement s’est ouvert sur une démonstration parfaitement orchestrée de diplomatie de haut niveau. Le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev, accompagné de la Première dame Mehriban Aliyeva et de la directrice exécutive d’ONU-Habitat, Anacláudia Rossbach, a personnellement accueilli une impressionnante assemblée de chefs d’État, de dirigeants gouvernementaux et de délégués internationaux. La photo de famille qui a suivi, un programme culturel empreint d’émotion ainsi qu’une vidéo inaugurale d’ONU-Habitat ont donné le ton d’une rencontre placée sous le signe d’un objectif commun. Avec plus de 45 000 participants inscrits provenant de 182 pays, le WUF13 constitue le deuxième plus grand rassemblement international de l’histoire de l’Azerbaïdjan, illustrant la capacité de Bakou à organiser, sécuriser et inspirer un événement d’envergure mondiale.
Bakou : vitrine vivante d’harmonie urbaine et d’innovation
Bakou elle-même incarne le décor idéal et un véritable laboratoire vivant des grands thèmes du WUF13. Les impressions des dignitaires étrangers sont largement positives, beaucoup saluant l’originalité du paysage architectural de la ville. Bakou représente une harmonie rare où préservation historique et modernisation audacieuse coexistent naturellement. Comme l’a souligné le président Aliyev, un visiteur peut quitter les remparts anciens d’Ichari Chahar - la vieille ville datant du VIe siècle - pour se retrouver immédiatement sur une spectaculaire promenade maritime moderne de quinze kilomètres, bordée d’élégantes façades européennes du XIXe siècle et de gratte-ciel futuristes.
Cette transformation est le fruit d’une politique d’urbanisme réfléchie et menée au quotidien. La désignation de cette année comme « Année de l’urbanisme » témoigne de l’engagement institutionnel de l’Azerbaïdjan en faveur des villes intelligentes. En l’espace de deux décennies, la métamorphose de Bakou est devenue une source d’inspiration pour les villes du monde entier :
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Réhabilitation environnementale : transformation de zones industrielles fortement polluées, comme l’historique quartier de la « Ville noire », en un quartier « Ville blanche » écologique et planifiée.
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Espaces verts : création et rénovation complète de plus de 100 parcs, places et jardins, avec une priorité accordée au bien-être des habitants.
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Micromobilité et transports : développement d’un vaste concept de mobilité urbaine comprenant l’extension du métro et une flotte moderne de bus électriques.
Des merveilles architecturales des anciennes cités de Chamakhi, Gandja et Sheki jusqu’aux systèmes d’assainissement fonctionnels vieux de quinze siècles à Lahidj, l’Azerbaïdjan possède un riche héritage d’innovation urbaine qu’il continue aujourd’hui d’honorer.
L’audace du progrès
Dans son intervention, le président Ilham Aliyev a livré une véritable leçon sur l’équilibre délicat auquel sont confrontés les dirigeants modernes. À travers une métaphore inspirée du circuit urbain de Formule 1 organisé dans les rues de Bakou, il a illustré sa vision de l’urbanisme :
« La vitesse sur la grande ligne droite dépasse les 300 kilomètres à l’heure, puis les pilotes doivent freiner brutalement et faire passer leurs bolides dans une rue large de seulement sept mètres, à un mètre des murailles de la vieille ville… Nous devons être audacieux dans le développement, dans la création de meilleures conditions pour notre peuple, dans la modernisation, mais en même temps extrêmement prudents lorsqu’il s’agit de préserver notre patrimoine historique. »
Cette philosophie, mêlant « audace et prudence », guide aujourd’hui le projet le plus ambitieux du pays : le programme du « Grand Retour » au Karabagh et au Zanguezour oriental.
Le président Aliyev a également confronté la communauté internationale à la réalité saisissante des territoires d’après-conflit. Des régions comme Aghdam, autrefois surnommée le « Hiroshima du Caucase » après trois décennies de destructions et de démantèlement systématiques, renaissent progressivement. L’ampleur des travaux réalisés en seulement cinq ans est sans précédent : 70 kilomètres de tunnels creusés dans des terrains difficiles, 435 ponts achevés sur les 500 prévus, ainsi que la construction de trois nouveaux aéroports internationaux, de réseaux électriques modernes, d’écoles, d’hôpitaux et de réservoirs d’eau.
Plus de 85 000 Azerbaïdjanais sont déjà retournés sur leurs terres ancestrales. Surtout, les autorités privilégient une approche centrée sur l’humain en développant des zones industrielles avant même le retour massif des populations, afin de garantir immédiatement emplois et dignité économique. Cette reconstruction rapide et technologiquement avancée apparaît comme la preuve tangible de l’attachement du pays à ses terres.
L’écho international des efforts de l’Azerbaïdjan a également trouvé un fort relais auprès des dirigeants mondiaux. Dans des messages vidéo, le secrétaire général des Nations unies António Guterres et la présidente de l’Assemblée générale de l’ONU Annalena Baerbock ont rappelé que le WUF13 intervient à un moment critique, marqué par les crises mondiales du logement et du climat.
Nga Kor Ming, président de l’Assemblée d’ONU-Habitat, a parfaitement résumé l’esprit du pays hôte en soulignant l’urgence de combler le déficit annuel de financement de 5 400 milliards de dollars destiné aux infrastructures résilientes face au changement climatique. Pour inspirer les délégués, il a cité un célèbre proverbe azerbaïdjanais :
« Dama-dama göl olar, axa-axa sel olar. »
(« Goutte après goutte se forme un lac, et de fil en aiguille naît une rivière. »)
En déclarant officiellement ouvert le forum, la directrice exécutive d’ONU-Habitat, Anacláudia Rossbach, a salué la résilience et la remarquable capacité d’adaptation des organisateurs azerbaïdjanais, rappelant que les solutions pour loger dignement près de trois milliards de personnes vivant dans des conditions précaires résident dans l’intelligence collective réunie dans cette enceinte.
Dans son ensemble, le WUF13 à Bakou dépasse largement le cadre d’une simple conférence. L’Azerbaïdjan a démontré qu’il est possible de se relever après la dévastation, de transformer une pollution industrielle en sanctuaires verts et de bâtir des villes intelligentes sans renoncer à son âme historique. L’« Appel de Bakou à l’action » issu de ce forum portera sans aucun doute la sagesse, l’hospitalité et l’élan irrésistible de son pays hôte, faisant naître un véritable courant d’action où personne - et aucun territoire - ne sera laissé de côté.