Le Parlement azerbaïdjanais a suspendu sa coopération avec le Parlement européen et mis fin à sa participation aux activités du Comité de coopération parlementaire Union européenne–Azerbaïdjan, dénonçant ce qu’il qualifie de position « destructive » de l’institution européenne.
Dans une résolution intitulée « Sur les activités du Parlement européen contre l’Azerbaïdjan », adoptée vendredi, l’assemblée nationale a indiqué qu’elle engagerait les procédures nécessaires pour mettre un terme à son adhésion, dans les termes prévus par la charte de l’Assemblée parlementaire Euronest. Elle a également précisé que la délégation du Milli Majlis ne participerait plus aux événements de cette organisation, rapporte News.Az, citant des médias locaux.
Le texte souligne que, dans ses relations avec les parlements étrangers et les organisations parlementaires internationales, le Parlement azerbaïdjanais se veut guidé par la promotion de la paix, de la sécurité et du développement durable, privilégiant un dialogue ouvert, sincère et constructif fondé sur les valeurs parlementaires et des intérêts communs.
Toutefois, selon la résolution, « la position destructive du Parlement européen, qui nie ces principes, constitue le principal obstacle au développement des relations de coopération bilatérales et multilatérales ».
Le document accuse l’institution européenne de rejeter « les normes et principes du droit international et la notion de justice », et de faire preuve d’indifférence face à « l’occupation pendant 30 ans » de territoires azerbaïdjanais par l’Arménie, aux destructions qui en ont résulté, ainsi qu’aux droits de plus d’un million de réfugiés et de personnes déplacées. Les plateformes de coopération, dont le Comité parlementaire UE–Azerbaïdjan et l’Assemblée Euronest, sont décrites comme des « instruments de pression, de chantage et d’ingérence flagrante dans les affaires intérieures ».
Le Milli Majlis rappelle avoir déjà suspendu en 2015 l’ensemble de ses relations avec le Parlement européen pour des raisons similaires, avant de les rétablir à la suite d’« appels répétés et de promesses » de la partie européenne - promesses qui, selon lui, n’ont pas été tenues.
La résolution affirme en outre que, depuis la fin de « l’occupation » et le rétablissement de l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan sous la présidence d’Ilham Aliyev, les critiques du Parlement européen se sont intensifiées. Elle évoque notamment l’adoption de plus de dix résolutions « hostiles » après la guerre de 44 jours, ainsi que des prises de position lors de la COP29.
Le texte accuse enfin le Parlement européen d’être gangrené par la corruption, influencé par des groupes de lobbying et devenu un espace où s’expriment des positions « azerbaïdjanophobes et islamophobes ». Il lui reproche également de freiner le rapprochement entre Bakou et Bruxelles et de s’opposer aux initiatives de paix dans le Caucase du Sud.
Au regard de ces éléments, le Parlement azerbaïdjanais a adopté les décisions suivantes :
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suspension de toutes les formes de coopération avec le Parlement européen ;
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fin de la participation au Comité de coopération parlementaire UE–Azerbaïdjan ;
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lancement de la procédure de retrait de l’Assemblée parlementaire Euronest, avec suspension de la participation de sa délégation pendant la durée de cette procédure.