L'UTILISATION MILITAIRE DE LA MER CASPIENNE EST INTOLERABLE, AFFIRME LE PRESIDENT DU KAZAKHSTAN

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1 Mai 2026 10:21
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L'UTILISATION MILITAIRE DE LA MER CASPIENNE EST INTOLERABLE, AFFIRME LE PRESIDENT DU KAZAKHSTAN

La mer Caspienne était déjà impliquée dans la guerre russo-ukrainienne. Ces dernières semaines, elle a également été le théâtre d’attaques militaires menées par Israël dans le cadre du conflit qu’il a engagé avec les États-Unis contre l’Iran.

Le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, a appelé le 22 avril les États à s’abstenir d’utiliser la mer Caspienne à des fins militaires.

Sans désigner de pays en particulier, Tokaïev a lancé cet appel alors que, depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en février 2022, des informations font régulièrement état de tirs de missiles de croisière Kalibr contre le territoire ukrainien depuis des navires de la flotte russe en mer Caspienne. Parallèlement, et encore récemment, l’Ukraine a attaqué à l’aide de drones armés des plateformes pétrolières russes situées sur cette mer fermée. La Russie a également tiré des missiles — dont le missile balistique hypersonique Orechnik — depuis le site d’essais de Kapoustine Iar, à environ 200 kilomètres du littoral caspien. De son côté, Israël a récemment frappé Bandar Anzali, un avant-poste naval iranien sur la Caspienne, par des raids aériens.

Tokaïev a exprimé ses préoccupations lors du Sommet écologique régional 2026 (RES 2026), organisé à Astana du 22 au 24 avril sous l’égide conjointe de la présidence kazakhe et des Nations unies.

Selon Azattyq Asia, le président a souligné que la mer Caspienne — partagée par la Russie, le Kazakhstan, l’Iran, l’Azerbaïdjan et le Turkménistan — joue un rôle essentiel dans le maintien de l’équilibre écologique et de la biodiversité régionale. « L’utilisation de forces armées à proximité de la mer Caspienne est inacceptable. Elle doit être strictement interdite », a-t-il déclaré.

Les cinq États riverains sont signataires de la Convention sur le statut juridique de la mer Caspienne, qui prévoit que cette étendue d’eau intérieure soit utilisée exclusivement à des fins pacifiques et développée comme une zone de coopération.

Le Kazakhstan est par ailleurs en première ligne des efforts visant à répondre au problème de l’assèchement de la mer Caspienne.

Lors du sommet, Tokaïev - que certains observateurs jugent susceptible de briguer le poste de prochain secrétaire général de l’ONU - a également évoqué les défis communs à l’Asie centrale, tels que la pénurie d’eau, la désertification, la fonte des glaciers, la pollution de l’air et la menace pesant sur la biodiversité. Les pollutions liées aux activités ou aux attaques militaires en mer Caspienne constituent de toute évidence une préoccupation supplémentaire.

« Nos pays partagent un même écosystème. Les fleuves et les lacs, les paysages naturels et les menaces climatiques nous sont communs. Et surtout, nous en partageons également la responsabilité », a déclaré Tokaïev aux participants du sommet.