Israël a mené une frappe contre le port iranien de Bandar Anzali, situé sur la côte de la mer Caspienne - une plateforme logistique majeure qui facilite les échanges commerciaux et les liaisons de transport de l’Iran avec les pays de la région, dont l’Azerbaïdjan. Cet incident dépasse le cadre strictement militaire et affecte des processus économiques et infrastructurels essentiels à l’échelle du bassin caspien.
Comme le rapporte News.Az, le média a cherché à analyser la situation en s’entretenant avec Mojtaba Demirchilou, ambassadeur d’Iran en Azerbaïdjan, afin d’évaluer les répercussions possibles de cet événement sur les relations économiques bilatérales et sur le fonctionnement des infrastructures portuaires.
Dans cet entretien, l’ambassadeur de la République islamique d’Iran en Azerbaïdjan a indiqué que ces attaques pourraient avoir des conséquences directes et potentiellement négatives sur les relations économiques entre les deux pays, notamment dans les domaines liés aux flux commerciaux, à la coordination logistique et aux activités transfrontalières.
« Les attaques menées contre le port d’Anzali affectent les relations entre l’Iran et la République d’Azerbaïdjan de deux manières principales », a-t-il déclaré, en détaillant à la fois les impacts immédiats et les implications régionales plus larges.
« Premièrement, les perturbations et les obstacles dans le fonctionnement du port d’Anzali entraînent une perte temporaire de stabilité dans les relations commerciales entre les deux pays, ce qui se traduit par des retards. Concrètement, le rythme normal des flux de marchandises est interrompu, les délais de livraison s’allongent, et les entreprises des deux côtés font face à des incertitudes quant à l’exécution des contrats et au maintien des chaînes d’approvisionnement », a-t-il expliqué.
En second lieu, M. Demirchilou a souligné que ce type d’incident contribue à accroître les tensions dans la région, mettant en péril non seulement les routes maritimes, mais aussi le transport aérien, le climat d’investissement, les infrastructures et les corridors énergétiques du bassin caspien. « Cela crée un environnement d’incertitude plus large, dans lequel non seulement les opérations actuelles, mais aussi les décisions d’investissement futures et la planification des infrastructures peuvent être affectées. À mesure que les tensions augmentent, les coûts d’assurance, les risques opérationnels et les défis logistiques sont appelés à croître », a-t-il précisé.
« Cette situation accentuera l’instabilité régionale et augmentera les risques économiques pour l’ensemble des États de la région, y compris l’Iran et l’Azerbaïdjan. L’impact ne se limite pas aux relations bilatérales, mais s’étend au système économique régional dans son ensemble, où les réseaux interconnectés de transport et d’énergie jouent un rôle crucial », a-t-il ajouté.
Selon lui, il est essentiel que tous les pays de la région agissent conjointement pour empêcher la répétition de tels incidents et éviter toute extension du conflit à la mer Caspienne. « Une action coordonnée et le dialogue seront nécessaires pour préserver la stabilité et garantir la sécurité et le bon fonctionnement des corridors de transport vitaux », a déclaré l’ambassadeur.
Il a enfin rappelé que le transport maritime demeure le moyen principal et le plus efficace pour acheminer des marchandises en vrac entre les deux pays, en particulier pour les biens lourds et volumineux difficilement transportables par voie terrestre ou aérienne.
« Parmi les principales marchandises transitant par ces routes figurent les engrais minéraux, essentiels pour l’agriculture, ainsi que des matériaux industriels et chimiques utilisés dans les processus de fabrication, des produits métalliques et des matériaux de construction qui soutiennent le développement des infrastructures. Dans certains cas, des produits pétroliers sont également acheminés via ce corridor, ce qui souligne encore l’importance stratégique des liaisons maritimes pour soutenir à la fois l’activité industrielle et les chaînes d’approvisionnement énergétique entre les deux pays », a-t-il conclu.