Le printemps n’apporte pas seulement en Azerbaïdjan de douces brises, des journées agréablement plus longues et les premières fleurs. Il marque aussi l’arrivée de l’une des fêtes les plus lumineuses et joyeuses du pays : Novrouz Bayram.
Célébrée le 21 mars, cette fête honore l’arrivée du printemps et est appréciée autant par les enfants que par les adultes. Novrouz figure parmi les célébrations les plus populaires d’Azerbaïdjan, car elle incarne les valeurs et les traditions de la nation : les familles se réunissent, préparent des pâtisseries, jouent à des jeux traditionnels de Novrouz et participent à de nombreuses autres activités festives.
Novrouz repose sur quatre symboles : l’eau, le feu, le vent et la terre. Chacun de ces éléments est célébré lors des quatre mardis précédant la fête. Ces journées sont appelées Su Chershenbesi, Od Chershenbesi, Yel Chershenbesi et Akhir, ou Torpaq Chershenbesi.
L’eau purifie et met en mouvement, tandis que le feu, la terre et le vent réveillent la nature. Les arbres commencent à fleurir, annonçant ainsi l’arrivée du printemps.
Le 17 mars marquera le dernier Chershenbe avant Novrouz - le mardi de la Terre, symbole de l’éveil de la nature et du début des travaux agricoles.
La terre est souvent comparée à une nourrice pour le monde entier : toutes les créatures du Tout-Puissant, y compris les êtres humains, y trouvent leur place. Elle nourrit l’humanité et, après un hiver glacial, son réveil symbolise celui de toutes les formes de vie.
Lors de chacun de ces mardis, appelés localement Chershenbe, les habitants allument des feux de joie à travers tout le pays. Selon la croyance populaire, chacun - des plus jeunes aux plus âgés - doit sauter sept fois au-dessus du feu afin de lui confier toutes les difficultés accumulées pendant l’hiver.
Novrouz est également riche en présages et en rituels divertissants. Les pratiques de divination du dernier Chershenbe constituent une autre tradition surprenante de la fête. Même si aujourd’hui beaucoup n’y attachent plus une grande importance, les gens tiennent néanmoins à préserver ces anciens rites, témoins de l’histoire riche du pays.
La divination par l’anneau est l’une des traditions les plus populaires chez les jeunes filles célibataires. Un verre ou un bol rempli d’eau est placé au centre, autour duquel les jeunes filles se rassemblent. Chacune, à son tour, arrache un cheveu et le noue à un anneau. Elles frappent ensuite trois fois le fond du verre avec l’anneau avant de le suspendre au-dessus de l’eau. Le nombre de fois que l’anneau frappe la paroi du verre est censé indiquer l’âge auquel la jeune fille se mariera.
Une autre coutume intéressante du dernier Chershenbe consiste pour les jeunes filles et garçons à écouter discrètement devant la porte de leurs voisins avant la tombée de la nuit - une pratique appelée « Gulag faly ». Avant d’approcher la porte, ils formulent un vœu. S’ils entendent des paroles positives, cela signifie que leur souhait se réalisera ; dans le cas contraire, ils devront patienter encore un peu avant de voir leur désir s’accomplir.
Novrouz, entouré de nombreuses traditions, est une fête ancienne qui reflète la culture ainsi que les valeurs nationales et spirituelles du peuple azerbaïdjanais. Cette célébration particulièrement chère aux Azerbaïdjanais possède une histoire millénaire liée au zoroastrisme, l’une des plus anciennes religions monothéistes.
Cette fête joyeuse du printemps est célébrée depuis plus de 3 000 ans dans le Caucase, les Balkans, le bassin de la mer Noire, l’Asie centrale et le Proche-Orient.
La décoration de la table festive comprend notamment la khoncha : un grand plateau au centre duquel se trouve le semeni, du blé fraîchement germé, symbole d’espoir pour une récolte abondante l’année suivante. Autour du plateau sont disposés des bougies et des œufs teints, en nombre égal à celui des membres de la famille. Les bougies sont allumées et ne doivent pas être éteintes avant de se consumer d’elles-mêmes.