Le projet de chemin de fer Chine–Kirghizistan–Ouzbékistan, inscrit dans le cadre du corridor intermédiaire (Route de transport internationale transcaspienne), acquiert une valeur stratégique croissante, a déclaré l’ancien ministre des Affaires étrangères de l’Ouzbékistan, Vladimir Norov, sur ses réseaux sociaux, rapporte Trend.
Il a rappelé que la récente réunion des ministres des Transports de l’Organisation des États turciques à Bichkek a marqué un tournant important dans l’évolution de la connectivité en Asie centrale et au-delà.
Selon lui, les discussions se sont principalement concentrées sur le projet ferroviaire Chine–Kirghizistan–Ouzbékistan.
« Ce projet passe progressivement du stade de concept à celui d’élément clé de l’axe Chine–Asie centrale–Caucase–Europe. Une fois achevée, cette ligne renforcera la Route de transport internationale transcaspienne (corridor intermédiaire) et elle est d’ores et déjà considérée comme une alternative crédible aux routes commerciales eurasiatiques traditionnelles.
L’importance stratégique de ce projet réside dans le renforcement des liaisons entre la Chine et l’Europe, la réduction des délais de transit et l’accroissement de la flexibilité des itinéraires. Il contribue également à la diversification et à la résilience des chaînes d’approvisionnement mondiales dans un contexte géopolitique en mutation, favorise la transformation de l’Asie centrale d’une région enclavée en un hub de transit, et renforce la coopération économique entre les États turciques et les régions voisines », a-t-il expliqué.
D’après Vladimir Norov, les échanges à Bichkek ne se sont pas limités aux infrastructures, mais ont également porté une attention particulière à la création d’un écosystème de transport pleinement intégré.
« À cet égard, on peut citer la simplification des procédures frontalières et l’accélération du transit, l’harmonisation des tarifs, des normes et des réglementations, ainsi que le développement de solutions de transport multimodal.
La numérisation constitue un autre axe essentiel. À titre d’exemple, l’introduction de systèmes de permis électroniques dans plusieurs pays, ainsi que la mise en place du système e-CMR (lettre de voiture électronique) visant à accélérer le transport transfrontalier de marchandises.
La mer Caspienne représente également un facteur déterminant. La coopération dans les services de ferries et la logistique maritime y joue un rôle clé pour assurer la fluidité du corridor. Cela montre que le succès du corridor intermédiaire dépend du développement synchronisé des transports ferroviaire, routier et maritime.
En définitive, le chemin de fer Chine–Kirghizistan–Ouzbékistan n’est plus un simple projet d’infrastructure régionale : il devient une composante stratégique de la nouvelle architecture logistique eurasiatique. Son plein potentiel dépendra non seulement de sa construction, mais aussi du niveau de coordination, de numérisation et de cohérence des politiques entre les pays participants », a conclu M. Norov.
Le corridor intermédiaire est un axe de transport et de commerce reliant l’Asie à l’Europe à travers plusieurs pays de la région. Il constitue une alternative aux corridors nord et sud traditionnels.
Cet itinéraire débute en Chine, traverse les pays d’Asie centrale, franchit la mer Caspienne, puis passe par l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie avant d’atteindre l’Europe. Il s’agit d’une voie terrestre permettant de contourner les routes maritimes plus longues et de relier les régions orientales de l’Asie, dont la Chine, au continent européen.