Selon le ministère des Mines et de la Géologie, l’Ouzbékistan possède des réserves concernant 28 types de minéraux critiques, parmi lesquels le cuivre, le lithium, le graphite, le germanium, le tungstène, le vanadium, le tantale, le niobium, ainsi que de vastes gisements de diverses terres rares. Des ressources souterraines dont la valeur globale est estimée à quelques 3.000 Md de dollars Us.
Tachkent mise donc sur la création d’un véritable écosystème économique dédié à l’extraction, à la production et à la transformation de ces ressources, indispensables aux technologies de demain.
Dans son discours d’ouverture au Forum d’investissement de Tachkent, tenu au mois de juillet dernier, le président ouzbek, Chavkat Mirzioïev, avait exposé les ambitions de son pays. Pour l’Ouzbékistan, il n’est pas question de rester un simple fournisseur de matières premières, mais bien d’implanter des industries nationales situées plus haut dans la chaîne de valeur de ces ressources stratégiques.
Selon le premier vice-ministre ouzbek des Mines et de la Géologie, Omonullo Nasritdinhodjaev, le pays mise sur la création d’entreprises dédiées à l’exploitation de ces ressources. L’acteur principal de ce nouveau secteur sera l’usine ouzbèke des métaux technologiques, fondée en 2024 au sein du Centre scientifique et industriel des métaux rares et alliages durs, lui-même rattaché au complexe minier et métallurgique d’Almalyk.
Depuis le milieu des années 1980, Pékin a investi sans relâche dans l’extraction, la production et le raffinage de ces ressources stratégiques. Actuellement, la Chine assure plus de 60 % de la production mondiale de terres rares et, plus déterminant encore, 90 % des capacités de raffinage. Ce quasi-monopole lui donne une influence décisive sur l’économie mondiale, ne manque pas de provoquer une rivalité sino-américaine et par ricochet des tensions géopolitiques de niveau mondial.