BRUXELLES, NOUVELLE CAPITALE EUROPEENNE DE L'EUTHANASIE ?

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6 Novembre 2023 18:12
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BRUXELLES, NOUVELLE CAPITALE EUROPEENNE DE L'EUTHANASIE ?

Depuis 2002, Bruxelles a dépénalisé l'euthanasie et consacré le droit de chaque citoyen à accéder à des soins palliatifs. Jacqueline Herremans, présidente de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité, évoque une image trop permissive, diffusée à l'étranger. "À cause de la caricature qui en est faite en France, des Français pensent qu'il suffit de venir en Belgique, de demander l'euthanasie et de l'obtenir, alors que, même si notre loi est souple, il faut rappeler qu'il y a des conditions," souligne-t-elle.

Le docteur Marc Decroly a accompagné plus d'une centaine de patients jusqu'au terme de leur vie. Il se souvient du contexte en 2002 : "Plusieurs membres éminents, en tout cas des universités catholiques, ont pris position et ont exprimé l'idée qu'une loi pouvait être humaniste, même si elle allait à l'encontre de certaines règles de l'Église qui ne correspondent peut-être plus tout à fait à la société d'aujourd'hui." Toutefois, il rappelle que les médecins ne proposent pas d'euthanasie : "Si le patient ne nous en parle pas, on n'en parle pas," dit-il.

En 2021, 2700 euthanasies ont été déclarées en Belgique, en majorité pour des patients âgées de 60 à 89 ans et dans 84% des cas, le décès était attendu à "brève échéance". Courant 2023, plus de 70 Français sont déjà venus mourir en Belgique.

Sur place, les patients étrangers restent minoritaires et ne surchargent pas les services compétents. En revanche, les demandes augmentent. Et certaines sont hors sujet, ce qui demande un travail de filtre de la part des médecins et hôpitaux.

Sabine, patiente française, habitante de la périphérie de Lille, a décidé de s’éteindre à l’âge de 56 ans. atteinte d'arthrite chronique depuis l'âge de cinq ans, après deux arrêts cardiaques, une détresse respiratoire, des douleurs sévères continues, a fini par contacter un collectif de médecins à la retraite qui l’a aidé a entreprendre des démarches en Belgique.

Dans les semaines à venir, Sabine s'éteindra en Belgique à la date qu'elle a choisie. "J'ai repris le contrôle de ma vie, j'ai choisi comment elle finirait," explique-t-elle. "Je préfère partir dans la dignité, dans le calme, entourée des miens plutôt qu'à l'hôpital, piquée de partout," confie-t-elle.

Dans l'Union européenne, la législation des Etats membres est sensiblement différente en l’absence d’une harmonisation.