Le président Ilham Aliyev a participé à la cérémonie d’ouverture du WUF13
La cérémonie d’ouverture de la 13e session du Forum urbain mondial (WUF13) s’est tenue le 18 mai à Bakou, rapporte AzerNEWS.
Le président de la République d’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, ainsi que la Première dame Mehriban Aliyeva, ont assisté à l’événement.
Le chef de l’État azerbaïdjanais et la directrice exécutive du Programme des Nations unies pour les établissements humains (ONU-Habitat), Anacláudia Rossbach, ont accueilli les chefs d’État et de gouvernement ainsi que les responsables des délégations participant à cette session.
La cérémonie d’accueil a été suivie d’une photo de famille.
Un film consacré à l’ouverture du WUF13, préparé par ONU-Habitat, a ensuite été projeté, avant la présentation d’un programme culturel.
Le chef de l’État a pris la parole.
Discours du président Ilham Aliyev
— Excellences, Mesdames et Messieurs, chers invités,
Permettez-moi tout d’abord de souhaiter la bienvenue à l’ensemble des participants du Forum urbain mondial à Bakou et d’exprimer mes vœux de succès pour cette rencontre. Nous enregistrons probablement un nombre record de participants. Ce matin, on m’a informé que plus de 45 000 personnes issues de 182 pays se sont inscrites. Il s’agit ainsi du deuxième plus grand événement international jamais organisé en Azerbaïdjan après la COP29, tenue il y a un an et demi. J’espère que les résultats du WUF13 seront tout aussi fructueux.
Je pense également que, durant leur séjour à Bakou, nombre de nos invités, qui découvrent notre pays pour la première fois, auront l’occasion de mieux connaître l’Azerbaïdjan et sa capitale, et de constater par eux-mêmes les efforts engagés en matière de développement urbain.
L’Azerbaïdjan se situe entre l’Europe et l’Asie et a toujours été un carrefour entre Orient et Occident. Cette identité se reflète aussi dans l’architecture de notre pays. En traversant les ruelles de la vieille ville de Bakou puis simplement une rue, on se retrouve dans l’environnement résolument moderne du boulevard de Bakou, autrefois long de trois kilomètres et aujourd’hui transformé en promenade maritime de plus de quinze kilomètres. À proximité se dressent également les bâtiments du XIXe siècle conçus par des architectes européens.
Cette harmonie naturelle entre l’ancien et le moderne, entre la préservation de notre patrimoine historique et les exigences de la modernisation urbaine, illustre le talent de nos ancêtres et notre volonté de sauvegarder cet héritage architectural. L’urbanisme n’est pas seulement une priorité pour Bakou, mais pour de nombreuses villes du pays ; c’est un travail quotidien.
Par décret présidentiel, cette année a été déclarée « Année de l’urbanisme ». Je souhaite remercier ONU-Habitat pour son soutien dans l’organisation de cet événement, pour notre coopération et pour la confiance accordée à l’Azerbaïdjan en tant qu’hôte du WUF13. Depuis 2022, nous avons organisé conjointement trois forums urbains nationaux à Aghdam, Zangilan et Khankendi, des villes restées sous occupation pendant de longues années.
En accueillant aujourd’hui ce rassemblement mondial, nous réaffirmons notre engagement en faveur de l’urbanisme, du développement des villes et de l’amélioration des conditions de vie de notre population.
Bakou n’est pas la seule ville d’Azerbaïdjan fière de son patrimoine architectural. Je citerai notamment Shamakhi, ancienne capitale de l’État des Chirvanchahs et ville natale du grand poète azerbaïdjanais du XIVe siècle, Nasimi, qui abrite l’une des plus anciennes mosquées du monde, construite en 743. Nakhitchevan, ancienne capitale de l’État des Atabegs et berceau du grand architecte Ajami Nakhitchevani, conserve le mausolée Momine Khatun datant du XIIe siècle. Ganja, l’une des plus anciennes villes du monde et ville natale du poète Nizami Gandjavi, se développe tout en préservant son aspect historique.
Gabala et Sheki, importantes cités de l’ancienne Albanie du Caucase, possèdent également de nombreux monuments historiques, tandis que l’église du village de Kish, près de Sheki, figure probablement parmi les plus anciennes au monde.
Autre témoignage du génie de nos ancêtres : le village de Lahij. Il y a quinze siècles déjà, ses habitants avaient construit un système d’égouts et d’adduction d’eau toujours fonctionnel aujourd’hui.
Quant à Choucha, joyau du Karabagh resté sous occupation pendant près de trente ans, elle est actuellement reconstruite presque entièrement, tandis que sa forteresse endommagée a été restaurée.
Tous les monuments que je viens d’évoquer - et bien sûr la Tour de la Vierge de Bakou datant du VIe siècle - ont non seulement été édifiés par nos ancêtres et survécu aux invasions et destructions, mais ils continuent aujourd’hui d’être préservés. Chacun peut les visiter, y pénétrer, les toucher. C’est sans doute la meilleure preuve de notre attachement à notre héritage historique.
Nous sommes fiers de notre histoire ancienne, qui s’exprime non seulement à travers notre musique et notre poésie, mais aussi dans notre architecture. Notre devoir est de transmettre cet héritage aux générations futures, qui, j’en suis certain, poursuivront cette mission.
Aujourd’hui, tout en comprenant la nécessité du développement urbain, notamment dans les capitales, nous devons faire preuve à la fois d’audace et de prudence. Je compare parfois cela à la Formule 1 à Bakou, l’un des rares circuits urbains du championnat : les voitures atteignent plus de 300 km/h avant de devoir ralentir brusquement pour s’engager dans une rue de sept mètres de large longeant les remparts historiques. Les pilotes doivent être à la fois courageux et prudents. Il en va de même pour les dirigeants et les décideurs : être audacieux dans le développement et la modernisation, mais extrêmement vigilants lorsqu’il s’agit de préserver le patrimoine historique.
L’une des principales priorités de notre gouvernement est aujourd’hui la reconstruction du Karabagh et du Zanguezour oriental, régions restées sous occupation arménienne pendant trente ans et totalement dévastées. Des observateurs internationaux ont comparé Aghdam à Hiroshima, parlant même du « Hiroshima du Caucase ». La ville avait littéralement disparu, rasée progressivement au cours de trois décennies d’occupation.
Le programme du « Grand Retour » est désormais en cours de mise en œuvre, avec des plans directeurs élaborés pour les villes et villages concernés. En cinq ans, 70 kilomètres de tunnels ont été construits et 435 ponts édifiés sur les 500 prévus. Des centrales électriques, des réseaux d’eau, des logements, des écoles, des hôpitaux, trois aéroports internationaux et des lignes ferroviaires ont également vu le jour.
Plus de 85 000 Azerbaïdjanais vivent déjà dans ces territoires autrefois occupés. Ils y travaillent, y étudient et y reconstruisent leur vie. La création d’emplois y constitue également une priorité majeure.
Avant même la construction de logements, d’écoles et d’hôpitaux, il nous faut procéder au déminage tout en préparant les conditions économiques nécessaires au retour durable des populations déplacées. Les zones industrielles créées dans ces régions contribueront à accélérer le retour de centaines de milliers de personnes privées pendant des décennies du droit fondamental de vivre sur leur propre terre.
Évoquant Bakou, le président a rappelé les importants travaux environnementaux réalisés dans la capitale. La ville fut la première au monde à produire du pétrole, dès 1846. Pendant près de 180 ans, aucune véritable attention n’avait été portée à la protection de l’environnement, laissant certains quartiers lourdement pollués.
L’ancien quartier dit de la « Ville Noire », ainsi nommé en raison de cette pollution, est aujourd’hui devenu le quartier de la « Ville Blanche », modèle de développement urbain moderne. Le complexe balnéaire Sea Breeze constitue un autre exemple emblématique de cette modernisation.
Au cours des vingt dernières années, cent parcs et jardins ont été créés à Bakou, dont dix-neuf entièrement rénovés. La capitale développe désormais un modèle urbain axé sur les transports publics, la micro-mobilité, le métro et les bus électriques.
Le président a conclu en soulignant que cette rencontre internationale permettra aux participants d’échanger leurs expériences, d’apprendre les uns des autres et de tirer les leçons des erreurs du passé.
« Je pourrais également vous parler de Bakou comme un guide touristique, mais il vaut mieux que vous découvriez tout cela de vos propres yeux. Je souhaite à tous nos invités un agréable séjour à Bakou et plein succès au Forum urbain mondial. Merci. »
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Des messages vidéo du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, et de la présidente de l’Assemblée générale des Nations unies, Annalena Baerbock, ont ensuite été diffusés.
Dans son message, António Guterres a souligné que le Forum urbain mondial constituera une impulsion importante pour concrétiser les objectifs fixés.
Annalena Baerbock a pour sa part déclaré : « Cet événement offre également l’occasion de renforcer les actions liées à la crise du logement. »
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Prenant ensuite la parole, le président de l’Assemblée d’ONU-Habitat, Nga Kor Ming, a salué l’accueil du gouvernement et du peuple azerbaïdjanais, qualifiant Bakou de « ville du futur au bord de la mer Caspienne ».
Il a rappelé que la crise mondiale du logement touche aujourd’hui près de 2,9 milliards de personnes et insisté sur la nécessité d’une coopération internationale renforcée pour construire des villes sûres, résilientes et inclusives.
S’appuyant sur l’expérience de la Malaisie, il a souligné les progrès réalisés dans son pays en matière de logements abordables et de développement durable, appelant à placer l’humain au cœur des politiques urbaines.
« Chaque politique débattue, chaque partenariat conclu et chaque engagement pris dans l’Appel de Bakou à l’action représente une goutte d’espoir », a-t-il affirmé.
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La directrice exécutive d’ONU-Habitat, Anacláudia Rossbach, a ensuite insisté sur les défis mondiaux liés au climat, aux déplacements de population, aux conflits et au logement.
Elle a rappelé que plus d’un milliard de personnes vivent encore dans des conditions précaires, sans accès fiable à l’eau, à l’assainissement, à l’électricité, à l’emploi décent ou à l’éducation.
Selon elle, la crise du logement est aussi une crise d’équité, de résilience et de droits humains.
« Lorsque les gens perdent leur logement, ils perdent bien plus qu’un toit : ils perdent leur sécurité, leurs moyens de subsistance et leur sentiment d’appartenance », a-t-elle déclaré.
Elle a souligné que le logement devait désormais devenir une priorité centrale des politiques publiques mondiales et appelé les participants à transformer les engagements du Forum en actions concrètes.
En conclusion, elle a remercié le gouvernement azerbaïdjanais pour l’organisation de cette 13e session du Forum urbain mondial avant de déclarer officiellement le WUF13 ouvert.