L’Arabie saoudite a activé des itinéraires alternatifs pour l’exportation de son pétrole dans un contexte de restrictions de la navigation à travers le détroit d’Ormouz. Selon une source proche du dossier, l’oléoduc stratégique Est-Ouest, qui relie les champs pétrolifères de l’est du pays aux côtes de la mer Rouge, fonctionne actuellement à pleine capacité, soit environ 7 millions de barils par jour.
Ce corridor permet de contourner le détroit d’Ormuz, qui, avant le début du conflit, assurait le transit d’environ 15 millions de barils de pétrole par jour en provenance des pays du Golfe persique. Dans les conditions actuelles, les flux y sont fortement perturbés.
Dans le cadre de ce dispositif, les pétroliers sont redirigés vers le port de Yanbu, sur la mer Rouge, où s’effectuent les opérations de chargement. D’après les données disponibles, les exportations de brut via Yanbu ont atteint près de 5 millions de barils par jour. À cela s’ajoutent entre 700 000 et 900 000 barils quotidiens de produits pétroliers. Environ 2 millions de barils issus du volume total de l’oléoduc sont destinés aux capacités nationales de raffinage.
Malgré la hausse des expéditions via la mer Rouge, cet itinéraire ne compense que partiellement la baisse des exportations transitant par le détroit d’Ormuz. Néanmoins, l’existence de cette voie de contournement est perçue comme l’un des facteurs contribuant à contenir la hausse des prix mondiaux du pétrole.
Des risques supplémentaires pèsent sur le marché en raison d’un possible élargissement du conflit. Des représentants du mouvement yéménite « Ansar Allah » ont annoncé leur entrée en guerre, ce qui renforce les inquiétudes quant à la sécurité de la navigation en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb.
À ce stade, toutefois, aucune attaque contre des pétroliers n’a été signalée dans cette zone.