ATTAQUE DU HAMAS : ISRAËL FACE À UN NOUVEAU YOM KIPPOUR

Actualités
10 Octobre 2023 14:15
219
ATTAQUE DU HAMAS : ISRAËL FACE À UN NOUVEAU YOM KIPPOUR

Dans la matinée de samedi 7 octobre, plus de 5 000 roquettes ont été tirées vers le centre et le sud d'Israël depuis la bande de Gaza, par le Hamas. Les tirs ont été accompagnés par une incursion dans le territoire de l’État d’Israël.

Plus de 700 personnes ont été tuées en Israël depuis que le Hamas a lancé son attaque surprise samedi, et le bilan devrait encore s'alourdir, selon le ministre israélien des Affaires stratégiques, Ron Dermer. Plus de 2150 personnes ont été blessées, selon les autorités et plus de 100 personnes sont prises en otage.

Le pays tout entier est sous le choc. Les rues sont vides, et le silence n’est troublé que par les interceptions de roquettes par le Dôme de Fer. Lors d’un briefing de l’armée pour les journalistes, un porte-parole ne pouvait pas répondre à des questions simples et paraissait fébrile. Du côté palestinien, le ministère de la santé a déclaré qu'au moins 413 Palestiniens ont été tués et 2300 autres blessés à Gaza depuis samedi.

Des critiques se sont déjà fait entendre contre le gouvernement de Benjamin Netanyahu, accusé d’avoir politisé l’armée et de ne pas avoir pris en compte les mises en garde de ces derniers mois, alertant d’une diminution des compétences militaires, d’une diminution du pouvoir de dissuasion et de la possibilité d’une flambée de violences sur plusieurs fronts.

Quatre positionnements se dessinent à ce stade et cristallisent les lignes de fractures mondiales : condamnation ferme et soutien à Israël, appel à la désescalade souvent avec condamnation, soutien à l’opération du Hamas et absence de positionnement. Huit pays ont exprimé explicitement leur soutien au Hamas, dont l’Iran, la Tunisie et l'Algérie. Pour l'instant, l'Iran se contente de discours véhéments, mais semble lui-aussi éviter de franchir une ligne qui pourrait s'avérer dangereuse. Et hormis le Soudan, l’appel à la désescalade est le positionnement majoritaire au sein des pays ayant signé les Accords d’Abraham.

Point important, la temporalité de l’attaque interpelle. Outre la décision de lancer une offensive peut s’expliquer par le fait que l’armée israélienne était relativement démobilisée en ce dernier jour de Soukkot, un accord de normalisation entre l’Arabie Saoudite et Israël semblait proche. Cette normalisation aurait d’autant plus relégué la question palestinienne au second plan et aurait marqué une rupture avec l’initiative de paix de 2002, qui proposait à Israël des relations normalisées avec l’ensemble du monde arabe à la suite de la création d’un État palestinien et une solution au conflit. La guerre qui vient de se déclencher risque sans aucun doute d’entraver à court et moyen terme la possibilité pour Israël d’une normalisation de ses relations avec l’Arabie Saoudite.