ATTAQUE SURPRISE DU HAMAS : UNE FAILLITE SÉCURITAIRE DU RENSEIGNEMENT ISRAÉLIEN ?

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9 Octobre 2023 17:19
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ATTAQUE SURPRISE DU HAMAS : UNE FAILLITE SÉCURITAIRE DU RENSEIGNEMENT ISRAÉLIEN ?

Les services de sécurité israéliens ont été dépassés par le timing, l'envergure et le mode opératoire de l'attaque du Hamas, samedi 9 octobre au matin. Jusqu’à 5000 roquettes tirées, des infiltrations au sol, par la mer et les airs est le bilan d’une offensive éclaire des Brigades al-Qassâm, une branche armée du Hamas, orchestrée au nez et à la barbe de l’armée israélienne.

Une attaque surprise qui apparaît d'ores et déjà comme l'un des ratés sécuritaires les plus retentissants de l'histoire d'Israël, depuis un demi-siècle précisément. Et c'est d'autant plus surprenant que la qualité de ses services de renseignement est la qualité majeure de l'État d'Israël.

La barrière de séparation entre la bande de Gaza et Israël était réputée infranchissable. Près de 9 millions d’euros avaient été investis en surface mais aussi sous terre avec des capteurs et des caméras de haute technologie, ce que les militants armés du Hamas savaient.

Voilà donc pourquoi ils ont immédiatement saboté les nœuds stratégiques de communication et de surveillance de l'armée israélienne. Une étape préalable à l'infiltration que les militaires n'ont pas pu déjouer, se retrouvant en quelques minutes seulement sourds, aveugles et muets.

Au-delà de la faillite sécuritaire, l'erreur d'analyse du renseignement israélien interroge. Comment n'a-t-il pas pu détecter la préparation d'une telle opération, coordonnée, nécessitant forcément des soutiens financiers et logistiques ?

L'état-major israélien pensait contrôler la bande de Gaza grâce à sa supériorité technologique. Il avait donc ces derniers mois les yeux rivés vers le nord du pays, redoutant surtout la menace du Hezbollah libanais. Par ricochet, ce revers de jugement entache aussi le renseignement américain, grand allié historique, qui lui non plus n'a pas pu semble-t-il prévenir une telle attaque.

Au cœur d'une journée de chaos, la responsabilité des autorités israéliennes a rapidement été pointée du doigt par les observateurs et la presse du pays. "Israël a été humilié et vaincu aujourd'hui. Même si la bande de Gaza était détruite (...), cela ne compensera[it] pas l'échec sécuritaire le plus grave depuis la guerre du Kippour", écrit l'éditorialiste Yossi Verter, chroniqueur au journal de gauche Haaretz.