Depuis le 1er janvier 2022, la France s’est officiellement saisie de la présidence semestrielle du Conseil de l’Union européenne (PFUE). Il s’agit de la treizième fois de son histoire que cette charge lui incombe. La dernière présidence française date de 2008, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. À la faveur de cette présidence la France se dotera d’un pouvoir d’influence non négligeable. En fixant l’ordre du jour des réunions du Conseil, Paris va avoir l’occasion de faire remonter, en haut de la pile, certains dossiers et d’influer ainsi sur le calendrier législatif de l’UE.
Ce marathon politico-diplomatique vient de débuter par une première rencontre tenue mercredi 19 janvier à Strasbourg, entre Emmanuel Macron et le Parlement européen, donnant ainsi le véritable coup d’envoi de cette présidence. Une première occasion pour le chef d’État Français de présenter le projet que la France a choisi afin d’illustrer sa présidence de l’Union européenne. Il s’agit d’un programme politique ambitieux qui réclame, afin de pouvoir aboutir, l’adhésion d’une bonne majorité d’eurodéputés. Une première rencontre qui sera suivie, le jeudi 20 janvier, par les différents commissaires européens à Paris. Par la suite, différentes réunions ministérielles se tiendront en France, à Brest et à Amiens, autour des ministres européens de la Défense, des Affaires étrangères, de l’Environnement et de l’Énergie.
Cependant, eu égard aux élections présidentielle françaises prévue au mois d’avril, cette présidence ne durera, au mieux, que jusqu’au mois de mars. De ce point de vue, le Conseil européen des 24 et 25 mars, en sera le principal temps fort. Au-delà, il sera plus compliqué d’obtenir des consensus politiques avec les différents acteurs Européens. De même, l’hypothèse d’une alternance, et donc d’un changement de tous les ministres en fonction à partir du mois de mai prochain, pourrait aussi remettre en cause l’issue de certaines négociations. Il est également possible que durant la présidence française de la PFUE, Emmanuel Macron tente de tirer certains avantages en cultivant sa stature européenne. Néanmoins, cela peut aussi se retourner contre lui, dans le cas où certains acteurs refuseraient de cautionner son leadership, vu que personne ne peut parier sur l’issue des prochaines élections présidentielles en France.
Le calendrier en sept dates clefs
En tout, ce sont 400 réunions de travail, conseils officiels ou informels, tables rondes et autres sommets qui sont d’ores et déjà prévus tout au long des six mois de la présidence française de l’Union européenne. Petit tour d’horizon des principales dates à retenir :
- 19 janvier à Strasbourg : discours d’Emmanuel Macron devant le Parlement européen. Le président de la République exposera aux eurodéputés les objectifs du mandat français.
- 17 au 18 février à Bruxelles : sommet entre l’Union africaine, organisation qui réunit les 55 États du continent africain, et l’Union européenne, afin de réactualiser l’investissement solidaire à destination des pays africains
- 10 au 11 mars à Paris : sommet des chefs d’Etat et de gouvernement autour de la question budgétaire
- 23 mars à Bruxelles : sommet social tripartite, qui réunit les présidents des institutions européennes et les principaux partenaires sociaux européens
- 24 au 25 mars à Bruxelles : Conseil européen autour des questions de défense
- 23-34 juin à Bruxelles : Conseil européen
- 30 juin : fin de la présidence française de l’UE