La langue française va-t-elle disparaitre des rues d'Algérie ? Le gouvernement d'Abdelmadjid Tebboune, président d'Algérie, tente de détrôner la place du français, notamment dans les écoles privées algériennes. Cette nouvelle orientation des autorités porte un coup dur au rayonnement de la francophonie dans le pays.
Depuis 2019, l'année d'un mouvement de protestation massif en Algérie, les autorités tentent de généraliser l'anglais dans les écoles et administrations publiques du pays. L'objectif est loin d'être atteint car l'Algérie manque de professeurs d'anglais.
Dans le camp favorable à l'abandon du français, Ahmed Bennamane, polémiste connu pour être un ardent défenseur de la langue arabe, écrit sur son compte Facebook: «Cette décision souveraine […] redonne espoir à la nation pour que l'Algérienne ne reste plus française, comme le souhaitait “le général expert”.» Sur la même lancée, une blogueuse s'extasie : «La langue arabe bientôt dans toutes les administrations algériennes, et la loi déjouera toutes les infiltrations. Adeptes du français argotique, préparez-vous !».
Dans le camp des opposants, on pense que les habitudes ont la vie dure. Il faudra du temps pour changer de langue d'usage au quotidien. En plus, il existe encore une demande des Algériens souhaitant un enseignement du français à leurs enfants. Les étudiants algériens aspirants à étudier à l'étranger choisissent souvent les universités françaises.
En Algérie, l'arabisation a toujours été au centre de tiraillements politico-idéologiques qui entraînaient parfois des affrontements violents dans les universités, entre des adeptes farouches d'une langue unique –sur le modèle du parti unique– et des opposants qui, au nom du pluralisme linguistique, défendaient plus ou moins ouvertement la primauté du français