Si ce couplet hostile à la France a toujours fait débat, il avait été décidé en 1986 par considérations diplomatiques de le réserver aux seuls congrès du FLN et à l’investiture du président de la République algérienne. Seulement, le chef de l’État algérien Abdelmadjid Tebboune, a récemment signé un décret élargissant les circonstances dans lesquelles ce passage anti-France pourra être chanté.
En effet, le troisième couplet avait notamment été censuré, car l’hymne algérien était le seul au monde à mentionner un autre pays, mais surtout, à le désigner ouvertement comme ennemi. Ce troisième couplet polémique de « Kassaman » (Nous Jurons !) se présente dans son intégralité comme suit :
« Ô France ! Le temps des palabres est révolu. Nous l’avons clos comme on ferme un livre. Ô France ! Voici venu le jour où il te faut rendre des comptes. Prépare-toi ! Voici notre réponse. Le verdict, notre révolution le rendra. Car nous avons décidé que l’Algérie vivra. Soyez-en témoin ! »
Ce passage de l’hymne national algérien tombé en désuétude a en effet été remis à l’ordre du jour, le chef de l’État algérien ayant récemment signé un décret élargissant les circonstances dans lesquelles il sera chanté. « Le contexte de l’époque l’explique », a insisté Catherine Colonna, ministre des Affaires Étrangères. La ministre a rappelé que l’hymne national algérien a été « écrit en 1956, dans un contexte qui était celui de la guerre et de la décolonisation, d’où des fortes paroles qui nous concernaient ».
« Notre hymne national n’est pas tout à fait affectueux non plus, voire un peu guerrier », a-t-elle souligné, rappelant pour autant que la Marseillaise ne « cite personne » comme ennemi, a contrario du couplet réhabilité de l’hymne algérien. « Aujourd’hui, je vous concède que je peux m’interroger » sur cette initiative d’Abdelmadjid Tebboune, a indiqué Catherine Colonna, ajoutant que « cela paraît un peu à contretemps ».
Cette décision d’étendre l’usage de cet hymne pour toutes les commémorations et cérémonies officielles interpelle, « au moment même où le président de la République et son homologue Tebboune ont décidé de donner un nouvel élan aux relations franco-algériennes ». Malgré des tentatives d’apaisement, les relations diplomatiques entre les deux nations soufflent régulièrement le chaud et le froid.