À la question de savoir s’il regrette qu’Emmanuel Macron ne puisse pas se représenter en 2027, L'ex-président de l'Assemblée nationale, rétorque sans ambages : « notre Constitution en dispose ainsi. Cependant, à titre personnel, je regrette tout ce qui bride la libre expression de la souveraineté populaire. La limitation du mandat présidentiel dans le temps, le non-cumul des mandats, etc… Tout cela corsète notre vie publique dans des règles qui limitent le libre choix des citoyens. Ça affaiblit notre vie politique en qualité et en densité, et la rend moins attractive. Changeons tout cela en préservant le bicamérisme et le Conseil constitutionnel, gardien vigilant des principes républicains et des libertés publiques ». Une prise de position qui lui a valu d'être taxé de "dérive autocratique".
Resté proche du pouvoir - Richard Ferrand participe à des réunions stratégiques à l'Élysée - l'ancien socialiste se montre ouvertement favorable à une modification de la Constitution. Actuellement, le texte suprême précise dans son article 6 que "nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs". En conséquence, Emmanuel Macron ne pourra pas se représenter lors de la prochaine présidentielle, en 2027, après ses deux quinquennats.
Ces déclarations, n'ont pas manqué de faire réagir. D'autant plus dans un contexte où l'exécutif est régulièrement accusé par les oppositions de "piétiner la démocratie", notamment après être passé en force, avec le concours du 49.3, sur la réforme des retraites.
"Et pourquoi pas restaurer l'Empire avec Macron 1er ?", a tancé Mathilde Panot, cheffe de file des députés insoumis, qualifiant Richard Ferrand de "visage de la dérive autocratique de la Macronie". "Pour certains, la VIe République ressemble plutôt à la Restauration ou l’Empire", a également fustigé Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste.
Certains élus ont vu l'ombre du président de la République derrière ces déclarations. "Personne n'est dupe : c'est juste Macron qui envoie un ballon d'essai pour tester l'idée", a estimé l'insoumis Bastien Lachaud. Même refrain pour son collègue Antoine Léaument : selon lui, "personne ne croira que Ferrand n’est pas ici le porte-parole de la volonté de Macron."
Après que ce passage a été largement commenté, le principal intéressé a réagi pour dénoncer un "panurgisme imbécile". "Consternant de voir s’agiter réseaux sociaux et médias paresseux sur une proposition stupide que je ne fais pas dans un entretien pour Le Figaro : modifier la constitution pour la présidentielle de 2027", a-t-il précisé sur Twitter.