« Les précautions de sécurité du Louvre ont-elles failli ? Non, elles n’ont pas failli. C’est un fait. Les mesures de sécurité ont fonctionné », a déclaré la ministre devant les députés et les journalistes, deux jours après le cambriolage qui a choqué la France et le monde de la culture.
Le vol s’est produit dimanche matin, lorsqu’un groupe de malfaiteurs masqués a utilisé une nacelle élévatrice pour accéder à une fenêtre de la Galerie d’Apollon, où étaient exposés huit bijoux de l’époque napoléonienne. Les voleurs ont brisé les vitrines, saisi les pièces et se sont enfuis en moins de huit minutes.
Selon le parquet de Paris, la valeur totale des objets dérobés s’élève à environ 88 millions d’euros, soit plus de 102 millions de dollars américains. Parmi les pièces volées figurent des couronnes et ornements ayant appartenu à l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. L’une des couronnes, endommagée, a été retrouvée à proximité du musée.
Une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet, tandis que le ministère de la Culture a lancé une enquête administrative. Les enquêteurs exploitent les images de vidéosurveillance et examinent la plaque d’immatriculation du véhicule utilisé pour l’effraction.
Face aux critiques, Rachida Dati a insisté sur le fait que ce vol ne traduisait pas une défaillance des systèmes de sécurité, mais plutôt une opération d’une grande précision criminelle.
« Le personnel du musée a réagi rapidement, et un employé a même empêché les voleurs de mettre le feu à la nacelle utilisée », a précisé la ministre.
Des experts en sécurité et des syndicats du personnel du Louvre soulignent toutefois des retards persistants dans la modernisation du système de surveillance, certaines zones du musée n’étant toujours pas couvertes par des caméras. Ces améliorations font partie du vaste projet de rénovation “Louvre Nouvelle Renaissance”, lancé cette année.
Le musée est resté fermé pendant une journée après le vol avant de rouvrir ses portes au public mardi.
L’État français, qui s’auto-assure pour les collections nationales, prendra en charge les pertes financières. Cet incident est considéré comme le plus important cambriolage du Louvre depuis 1998, relançant le débat sur la sécurité du musée le plus visité au monde.
Note complémentaire :
Les enquêteurs estiment que les voleurs ont agi avec un professionnalisme remarquable, sans violence, et ont quitté les lieux en moins de quatre minutes à l’intérieur du musée. La chasse aux suspects se poursuit, tandis que la France s’interroge sur la vulnérabilité de son plus grand trésor culturel.