Et il est très important de souligner que cette discipline scientifique doit être abordée de la même manière que la géographie, la philologie, la linguistique et d’autres domaines, et non comme un outil pour affirmer la supériorité de certains sur d’autres ou pour échanger des reproches mutuels.
Dans ce contexte, il convient également de noter que l’histoire devient souvent un sujet de polémique scientifique ou publique, parfois même entre différents peuples et parties. En règle générale, cela se produit lorsque la connaissance historique est politisée et utilisée dans l’intérêt de certains États. En conséquence, la science historique, malheureusement, s’éloigne d’une analyse rigoureuse et devient un objet de débats idéologiques et polémiques.
Et à titre d’exemple, on peut évoquer le Caucase du Sud, qui, aujourd’hui, après la libération par l’Azerbaïdjan de ses terres ancestrales de l’occupation arménienne, vit dans une nouvelle réalité où les priorités principales sont la coopération, la coexistence pacifique et le dialogue. Et cela est le résultat des efforts de l’État azerbaïdjanais, qui, dès le début de la période post-conflit, a initié un agenda de paix, dont le résultat a été le texte de l’Accord sur l’établissement de la paix et des relations interétatiques entre la République d’Azerbaïdjan et la République d’Arménie, paraphé à Washington le 8 août 2025, mettant ainsi fin à des années de conflit.
Ainsi, la justice historique a triomphé, et celle-ci doit, entre autres, se refléter dans la question des toponymes azerbaïdjanais sur le territoire de l’Arménie moderne. Cependant, avant de nous concentrer directement sur le sujet de notre article, rappelons encore une fois que l’histoire doit être traitée comme une science et non perçue comme une insulte personnelle ou collective.
Commençons donc par préciser que les toponymes azerbaïdjanais comprennent des noms d’origine musulmane et, plus rarement, albanienne. Les toponymes d’origine musulmane sont principalement d’origine turque, arabe et, dans une moindre mesure, persane. Il convient de souligner que la majorité des toponymes azerbaïdjanais sont d’origine turque.
Après la conclusion des traités de Güllistan (1813) et de Turkmencay (1828) et l’occupation du Caucase du Sud par l’Empire russe, des changements systématiques ont été apportés à la toponymie de la région. Durant cette période, apparaissent des toponymes russes, puis soviétiques, qui, en plus des noms russes, représentaient souvent les noms de révolutionnaires, de militants communistes et d’autres personnalités en l’honneur desquelles des villes, villages et localités étaient renommées. C’est durant la période soviétique que se produisit le processus de remplacement massif des toponymes azerbaïdjanais tant sur le territoire de l’Azerbaïdjan moderne que sur celui de l’Arménie, et dans ce dernier cas, ces changements étaient de grande envergure.
L’auteur arménien Zaven Korkotyan, dans son livre La population de l’Arménie soviétique. 1831-1931, publié en 1932 en arménien, présente 2310 noms géographiques dans les districts d’Erivan, Echmiadzin, Yeni-Bayazid, Alexandropol, Zangezour, Elisabethpol, Lori-Pembek (quartier de Borchalou), dont 2000 étaient d’origine azerbaïdjanaise.
Ce fait est également confirmé par de nombreux matériaux cartographiques d’avant-révolution et des premiers temps soviétiques. Ainsi, sur la « Carte du district militaire du Caucase », imprimée à Tbilissi en 1903, on trouve des centaines de toponymes azerbaïdjanais, notamment turcs, sur le territoire de l’Arménie moderne, noms qui, aujourd’hui, ont pratiquement disparu. Voici quelques-uns des noms enregistrés sur cette carte :
District d'Erivan :
Böyük-Vedi, ville de Top-Dagh, Arazdayan, Kamarlu, Bash-Garki, rivière Velilchay, rivière Arpa-chay, ville de Kara-Kaya, lac Goycha, etc.
District de Zangezour :
Pirilu, Kumly, ville de Shikh-Yurdy, Kyarkhana, ville de Damurry-Dagh, lac Garagöl, rivière Okhcha-chay, Kushly, Bazarchay, etc.
District d’Echmiadzin :
Molla-Bayazid, ville de Kyzyllyar, Hadji-Bayram, Kyzyl-Kilisa, ville d’Alagöz, Kara-Burun, etc.
Des noms similaires apparaissent aussi dans d’autres districts – Surmalian, Sharur-Daralagöz, Novo-Bayazid, Borchalou et Alexandropol, dont une partie des territoires se trouve aujourd’hui dans la République d’Arménie. Pour plus de détails, nous recommandons de consulter la carte ci-dessous.
Dans la deuxième partie du livre Vue d’ensemble des possessions russes au Caucase, publiée à Tbilissi en 1836, figurent des informations sur les régions nordiques de l’Arménie moderne (actuelles Shirak, Lori et Tavush), où sont enregistrés les toponymes azerbaïdjanais suivants : Sar’yar, Akhirzaman, Sarmusahli, Chahkaly, Yargyadur, Karaboïn, Kaltakhchi, Galyn-Gaya, Alagöz, Chubukhlu, Diraklyar et autres. Plus de détails sont fournis par les captures d’écran ci-dessous issues du livre mentionné.
De plus, sur la carte de la République socialiste soviétique d’Arménie, publiée dans la Grande Encyclopédie soviétique de 1926, un grand nombre de toponymes d’origine azerbaïdjanaise sont enregistrés.
Nous ne chargerons pas nos lecteurs d’une quantité excessive de sources, cartes, livres, documents, etc. Il existe suffisamment d’exemples, et toute personne intéressée peut les consulter dans le détail.
L’essentiel de ce qui précède est que ces cartes sont la simple constatation de faits historiques, un témoignage de l’apparence de la région à un moment donné de l’histoire, des noms utilisés à cette époque, et de la réalité qui était enregistrée. Et cet article ne poursuit aucun objectif politique, car, comme nous l’avons déjà souligné, l’histoire doit rester une science et non un moyen d’influence. Cela a été plusieurs fois exprimé par le président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev.
Ainsi, le 17 octobre 2023, lors d’une rencontre avec les habitants installés dans la ville de Fizuli, le président de l’Azerbaïdjan a déclaré :
« Nous sommes sur la bonne voie. Nous ne revendiquons pas les terres d’autres pays… Et, bien sûr, nous retournerons en Zangezour, mais par voie pacifique… Nous n’y retournerons pas dans des tanks, mais avec nos voitures particulières ».
C’est cette approche qui est la seule correcte.