L’AZERBAÏDJAN ET L’ARMÉNIE AU BORD D’UN ACCORD FINAL ?

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13 Mai 2024 17:44
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L’AZERBAÏDJAN ET L’ARMÉNIE AU BORD D’UN ACCORD FINAL ?

Après plus de trente ans de guerre dans la région du Caucase Sud, Bakou et Erevan sont peut-être actuellement en train d’écrire l’histoire. Et il faut les soutenir. Les choses semblent progresser depuis plusieurs semaines afin de parvenir le plus rapidement possible à un accord pour la paix.

Alors que la Russie et ses milliers de soldats se sont retirés du Karabakh dernièrement, Nikol Pachinian, le Premier ministre arménien, et Ilham Aliyev, le président azéri, semblent vouloir aboutir dans les semaines à venir à un traité qui réglerait définitivement les dernières questions en suspens entre les deux pays, notamment le tracé définitif des nouvelles frontières.

Selon Sébastien Boussois, chercheur en sciences politiques, le premier ministre arménien, Nikol Pachinian, démontre un engagement total envers la résolution des conflits et la sécurisation de l’avenir de l’Arménie. Dans le cadre des discussions, l’Arménie a accepté de rendre quatre villages du district de Gazakh qu’elle occupait depuis trente ans, marquant ainsi une concession importante pour la paix régionale.

À ce jour, vingt bornes frontalières ont été installées, témoignant des progrès tangibles réalisés vers la délimitation définitive des frontières. Le travail se poursuit pour établir le tracé dans d’autres parties de la frontière interétatique, avec un protocole d’accord prévu d’ici le 15 mai.

L’accord, s’il est finalisé, marquera un retour aux frontières établies à l’époque de l’URSS, avant les indépendances des deux pays et le déclenchement de la guerre pour le Karabakh. Beaucoup en Europe estiment qu’un accord final pourrait être conclu avant la fin de 2024.

Désormais, le travail va se poursuivre pour la délimitation définitive du tracé dans les autres parties de la frontière interétatique. On reviendra donc sur les frontières du temps de l’URSS, avant les indépendances des deux pays, et avant que l’Arménie s’engage dans cette guerre pour le Karabakh. Un protocole d’accord est prévu d’ici le 15 mai.

Cette perspective inquiète naturellement les mouvements extrémistes arméniens, qui ont appelé, le 9 mai, à une marche depuis la région de Tavouch, et à des manifestations à Erevan. D’autres manifestants ont bloqué temporairement le principal axe nord-sud du pays, reliant l’Arménie à la Géorgie.

L’un des principaux meneurs de ce mouvement est l'archevêque de la région de Tavouch, Bagrat Galstanian, 52 ans, qui réclame la démission du Premier ministre Nikol Pachinian. Ce militant religieux, qui possède la double nationalité arménienne et canadienne, a passé la majeure partie de sa carrière ecclésiastique au Canada après des études au Royaume-Uni. Son parcours est emblématique de cette diaspora ultra-nationaliste, qui nourrit le rêve de la « Grande Arménie », mais qui n’ont jamais vécu sur place. Une véritable menace pour Pachinian et ses efforts de paix, car ils possèdent des moyens considérables, des appuis sur place, notamment des « anciens du Karabakh », et cultivent une idéologie suprémacistes qui leur sert de ciment.

Néanmoins, beaucoup pensent en Europe qu’un accord final pourrait avoir lieu avant la fin 2024. Il n’est pas trop tard.