L'AZERBAÏDJAN ET L'ARMÉNIE NE SONT PAS LOIN D'UN ACCORD DE PAIX DÉFINITIF

Actualités
28 Décembre 2023 15:56
292
L'AZERBAÏDJAN ET L'ARMÉNIE NE SONT PAS LOIN D'UN ACCORD DE PAIX DÉFINITIF

L'Azerbaïdjan attend actuellement la réponse de l'Arménie aux commentaires de Bakou sur la dernière version de la proposition de paix, a déclaré Eltchin Amirbayov, représentant présidentiel de l'Azerbaïdjan pour les missions spéciales, dans une interview accordée au journal The Guardian.

"Il semble que nous ne soyons pas loin d'un accord définitif. Nous avons besoin d'un exercice axé sur les résultats. Je me rends compte qu'après trois décennies de négociations sans résultats substantiels, il y a un certain degré de lassitude et aussi de frustration chez les deux parties. Combien de temps en effet continuerons-nous à nous rencontrer sans résultats tangibles ? Notre préférence irait à des accords de paix. Un article qui parlerait d'une sorte de commission bilatérale qui devrait être mise en place afin d'aborder tous ces malentendus ou ces différences d'interprétation entre nous", a insisté le diplomate azéri.

M. Amirbayov a également noté que le lien entre l'Azerbaïdjan et son enclave, le Nakhitchzvan, qui passe par l'Arménie, est crucial pour Bakou en termes de sécurité nationale, mais aussi en termes de garantie d'un itinéraire alternatif pour le Corridor médian.

"Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre plus de temps. Trois ans plus tard, l'Arménie n'a toujours pas entamé d'étude de faisabilité pour le tronçon de 42 km. Bien sûr, nous ne pouvons pas obliger l'Arménie à respecter ses engagements, et il est absurde de laisser entendre que nous envahirions le pays pour imposer ce corridor par la force ou par d'autres moyens. En guise de plan de secours, nous avons tendu la main à l'Iran pour créer une liaison routière et ferroviaire à travers ce pays", a-t-il ajouté.

Le représentant du président azerbaïdjanais a également évoqué que, si elle est possible, l'existence d'une route alternative pourrait faire prendre conscience à l'Arménie de tout ce qu'elle pourrait perdre en continuant à s'opposer à la liaison passant par son territoire.

Ces derniers mois, les deux pays ont accéléré les pourparlers en vue d'un accord de paix visant à stabiliser leurs relations et à reconnaître leurs frontières respectives.

Dans un rare signe de bonne volonté, les deux Parties ont échangé des prisonniers le 13 décembre et ont publié une déclaration commune, l'une des premières à ne pas avoir fait l'objet d'une médiation par une tierce partie.

Le président azerbaïdjanais, Ilham Aliyev, a rencontré le premier ministre arménien Nikol Pachinyan le 26 décembre. Une première étape dans le réchauffement des relations bilatérales. Les deux Parties ont échangé sept projets d'un éventuel accord de paix relativement court. M. Amirbayov a précisé que son pays attendait maintenant la réponse de l'Arménie à ses commentaires sur les derniers projets de propositions.

Elchin Amirbayov a souligné que ces projets d'accord sont basés sur cinq principes, qui sont « le respect mutuel de l'intégrité territoriale de chacun, de la souveraineté et de l'inviolabilité des frontières internationales reconnues, le rejet de toute revendication territoriale les uns envers les autres, maintenant et à l'avenir, le rejet de tout acte qui serait contraire à la charte de l'ONU, comme le recours à la force ou la menace de recours à la force. Il s'agira également de fixer la délimitation de la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, ce qui n'a jamais été fait. Et enfin, l’ouverture des voies de communication et des liens entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, car nous sommes restés sans contact pendant 30 ans à cause du conflit.».

On rappelle que le Haut-Karabakh est internationalement reconnu comme territoire azerbaïdjanais, mais les efforts visant à mettre fin au conflit ont été entravées par les tergiversations de la Russie, de l'Iran, des États-Unis et de l'UE qui se bousculent pour obtenir une influence diplomatique dans une zone stratégiquement critique. La Russie a une présence militaire importante en Arménie. La zone revêt une importance géostratégique, notamment en raison du projet du « corridor médian », un axe de transport qui relierait la Chine à l’Europe en passant par l’Asie centrale, la mer Caspienne et le Caucase du Sud.

Le premier ministre arménien devra aussi tenir compte du danger que représentent encore, pour la stabilité de la région, le pour l'Arménie même, des séparatistes arméniens qui souhaitent toujours en découdre. Leur chef a annulé le 26 septembre, son propre décret la dissolution de l’organisation. Ils parlent maintenant de former un gouvernement en exil, et menacent directement le gouvernement Pachinyan.