L’AZERBAÏDJAN PRÉSENTE UNE VISION ÉCONOMIQUE OPTIMISTE À TRAVERS SES SCÉNARIOS BUDGÉTAIRES À L’HORIZON 2030

Analyses
6 Novembre 2026 16:37
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L’AZERBAÏDJAN PRÉSENTE UNE VISION ÉCONOMIQUE OPTIMISTE À TRAVERS SES SCÉNARIOS BUDGÉTAIRES À L’HORIZON 2030

Une croissance du PIB hors pétrole et gaz inférieure aux prévisions en Azerbaïdjan pourrait peser sur les recettes du budget de l’État et sur l’équilibre budgétaire, avec le risque de porter le ratio du déficit primaire hors pétrole au-delà de l’objectif fixé.

Ce risque est mis en évidence dans le dossier budgétaire accompagnant les projets de budget de l’État et de budget consolidé pour 2027.

Le document souligne que l’incidence d’éventuelles variations de la croissance du PIB hors pétrole et gaz sur les indicateurs budgétaires dépend principalement de l’évolution de l’activité économique et de l’assiette fiscale. Ces évolutions ont des répercussions sur les recettes du budget consolidé, le ratio du déficit primaire hors pétrole au PIB hors pétrole et gaz, ainsi que le ratio du solde du budget consolidé au PIB.

Afin de tenir compte des incertitudes entourant les perspectives de croissance économique, plusieurs évaluations ont été réalisées sur la base de scénarios alternatifs s’écartant des prévisions de référence. Plus précisément, différents scénarios de risque ont été élaborés pour la période 2027-2030, en intégrant des écarts positifs et négatifs de 0,5, 1 et 2 points de pourcentage du taux de croissance du PIB hors pétrole et gaz par rapport au scénario de référence.

Selon ces évaluations, en 2030, dans les deuxième et troisième scénarios pessimistes, le ratio du déficit primaire hors pétrole au PIB hors pétrole et gaz devrait dépasser de respectivement 0,2 et 2,1 points de pourcentage l’objectif intermédiaire fixé à 12 %. Autrement dit, cet indicateur pourrait atteindre respectivement 12,2 % et 14,1 % dans ces deux scénarios.

D’après les prévisions présentées, le ratio du déficit primaire hors pétrole au PIB hors pétrole et gaz s’établissait à environ 22,8 % en 2022. Il s’est ensuite situé autour de 22 % en 2023, de 20 % en 2024 et de 18,5 % en 2025. Après avoir reculé à environ 17,6 % en 2026, cet indicateur devrait évoluer différemment à partir de 2027, selon les scénarios de croissance économique retenus.

Le document examine également les conséquences des variations de la croissance du PIB hors pétrole et gaz sur le solde budgétaire consolidé.

Selon les données présentées, le ratio du solde du budget consolidé au PIB s’élevait à environ 6,7 % en 2022, 9 % en 2023, 5,1 % en 2024 et 4 % en 2025. Cet indicateur devrait tomber à 0,8 % en 2026, tandis qu'un déficit d’environ 1,7 % est anticipé pour 2027.

Au cours des années suivantes, l’évolution du solde budgétaire dépendra du rythme de la croissance économique. Ainsi, si la croissance du PIB hors pétrole et gaz s’avère inférieure aux prévisions de référence, elle pèsera négativement sur le solde du budget consolidé, en raison du ralentissement de l’activité économique et de la diminution des recettes fiscales. À l’inverse, une croissance économique plus soutenue favoriserait l’amélioration de l’équilibre budgétaire grâce à l’élargissement de l’assiette fiscale et à l’augmentation des recettes publiques.

Quelles mesures seront prises pour atténuer les risques ?

Le dossier budgétaire indique qu’une série de mesures est prévue afin de limiter les effets qu’un éventuel ralentissement de la croissance du PIB hors pétrole et gaz pourrait avoir sur les recettes budgétaires et l’équilibre des finances publiques.

Dans ce contexte, l’élargissement de l’assiette fiscale, le renforcement de l’administration fiscale et la poursuite de l’assainissement budgétaire à moyen terme ont été identifiés comme des axes prioritaires. Ces mesures visent à atténuer les conséquences d’éventuels écarts négatifs de croissance sur les indicateurs budgétaires et à préserver la viabilité des finances publiques à moyen terme.

Par ailleurs, des mesures sont envisagées pour améliorer l’efficacité opérationnelle des entreprises publiques, optimiser les subventions de l’État, réduire progressivement le rôle des prix réglementés et renforcer les normes de gouvernance et de responsabilité au sein de ces entreprises.

Le document souligne que ces initiatives contribueront à alléger les charges potentielles pesant sur les finances publiques, à améliorer le climat concurrentiel et à soutenir la croissance de l’économie hors pétrole et gaz.

Par Sadig Javadov