L'AZERBAIDJAN ET L'ARMENIE ACCELERENT LA NORMALISATION GRACE A DES DISCUSSIONS TECHNIQUES SUR LE TRACE DE LA FRONTIERE

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5 Mai 2026 17:58
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L'AZERBAIDJAN ET L'ARMENIE ACCELERENT LA NORMALISATION GRACE A DES DISCUSSIONS TECHNIQUES SUR LE TRACE DE LA FRONTIERE

Les récentes rencontres entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie sont considérées comme une étape importante dans le processus de normalisation des relations. Ces discussions traduisent un passage des déclarations politiques à une coopération plus concrète et technique. En particulier, les pourparlers sur la délimitation de la frontière d’État montrent que les deux parties cherchent désormais à obtenir des résultats tangibles.

Dans le cadre de ce processus de délimitation, l’attention s’est principalement portée sur la définition des mécanismes techniques. L’harmonisation des cartes, la clarification des tracés frontaliers et l’élaboration de plans de mise en œuvre par étapes en constituent les éléments centraux. Bien que ces questions puissent sembler purement techniques à première vue, elles sont déterminantes pour la réussite globale du processus de paix.

Parallèlement, afin de traduire les accords conclus en résultats concrets, il est essentiel de renforcer l’activité des commissions conjointes et de mener des opérations de mesure et de suivi sur le terrain. Ces démarches pourraient garantir que les accords formalisés sur le papier se transforment en frontières géographiques effectives.

Les perspectives de coopération économique figurent également au cœur des discussions. L’élargissement des possibilités de transit accroît non seulement les bénéfices mutuels, mais contribue aussi à instaurer un climat de confiance. Toutefois, la condition essentielle d’une coopération durable reste la signature d’un accord de paix, susceptible de jeter les bases de la stabilité et du développement à long terme dans la région.

Fuad Abdullayev, conseiller principal au Centre d’analyse des relations internationales, a qualifié les dernières réunions entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie de prolongement important du dialogue technique visant à normaliser les relations.

Dans une déclaration à News.Az, il a souligné que ces rencontres témoignent d’un passage de la phase des déclarations politiques à des processus plus pratiques et opérationnels. Selon l’expert, les discussions ont principalement porté sur les questions liées à la délimitation de la frontière d’État.

« L’accent a été mis avant tout sur la définition des mécanismes techniques de mise en œuvre du processus de délimitation », a-t-il insisté, précisant que les parties ont examiné des aspects tels que l’harmonisation des cartes, la détermination précise des lignes frontalières et l’exécution progressive du processus.

« Ces questions sont techniques par nature et elles sont décisives pour le succès de l’ensemble du processus », a-t-il ajouté.

L’expert a également indiqué que, pour que les accords de délimitation produisent des résultats concrets, il est nécessaire d’engager des étapes parallèles dans les phases suivantes. Dans cette optique, la préparation de documents techniques pour des segments précis de la frontière, ainsi que leur validation par les autorités compétentes des deux pays, pourraient devenir prioritaires.

Selon lui, l’intensification des travaux des commissions conjointes, ainsi que la conduite de nouvelles opérations de mesure et de suivi sur le terrain, joueront un rôle clé pour transformer les accords en lignes géographiques effectives.

« L’inscription de ce processus à l’agenda accroît également la probabilité de l’émergence de nouvelles réalités économiques dans la région », a-t-il relevé, ajoutant que l’Azerbaïdjan a déjà ouvert certaines possibilités de transit à l’Arménie, dont les bénéfices concrets commencent à se faire sentir.

À ses yeux, l’élargissement des opportunités de transit renforce non seulement les avantages économiques mutuels, mais contribue aussi à instaurer la confiance entre les parties. « De tels mécanismes de coopération pratique peuvent également entraîner des évolutions au niveau sociétal et, à long terme, contribuer à atténuer les discours hostiles », a-t-il estimé.

Dans le même temps, M. Abdullayev a souligné que l’établissement d’un cadre politique fondamental demeure indispensable pour une coopération économique durable. Selon lui, la signature d’un accord de paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie est décisive à cet égard.

« La signature de l’accord paraphé pourrait instaurer un cadre juridique et politique et créer les bases d’une coopération économique », a-t-il déclaré.

L’expert estime par ailleurs que les prochaines élections législatives en Arménie pourraient avoir une influence significative sur ce processus. « Les résultats du scrutin détermineront si le pays s’oriente vers la stabilité et la coopération économique et commerciale avec ses voisins, ou s’il poursuit une approche plus conflictuelle », a-t-il ajouté.

En conclusion, M. Abdullayev a rappelé que, pour parvenir à une coopération économique à grande échelle, il est essentiel de supprimer les revendications territoriales à l’encontre de l’Azerbaïdjan dans la législation arménienne, en particulier dans la Constitution. « Ce n’est qu’après la résolution de ces questions fondamentales que des dossiers tels que l’ouverture complète des routes de transport et de communication, la création d’un environnement propice à l’investissement et l’intégration aux projets régionaux pourront véritablement prendre corps », a-t-il conclu.

Par Faig Mahmudov